BD : 100%

Les critiques BD
  • Paul Pope
  • Dargaud ©

  • Pourquoi 100 % ? Ce titre sobre et efficace peut revêtir plusieurs significations : 100% peut être un mode de vie hors normes, comme celui des personnages de ce conte fantastique ; 100% peut être encore la façon dont l’auteur Paul Pope a assemblé l’histoire en une mosaïque de plusieurs mini récits ; ou tout simplement, 100% peut vouloir dire que les fables que nous lisons sont bien réelles, quand bien même elles se déroulent dans un futur méconnaissable. Car en 2038, l’homme en est toujours au même stade de solitude qu’autrefois, si ce n’est pire. Le cocon confortable de la technologie ne suffit plus à son bonheur. Même les sports collectifs n’entrainent plus la ferveur d’antan. La dernière innovation à la mode, le gastro, consiste à équiper les sportifs ou les danseuses de capteurs qui révèlent leur intimité en même temps que leurs ébats. Le résultat obscène squatte les écrans de télévision ou les pistes de danse dans les night-clubs. Dehors, le nombre de psychopathes continue de crever les plafonds. Au meurtre d’une de ses collègues, Kim, danseuse gastro, décide d’investir dans un flingue. Le décor, post-punk et sinistre, est posé. Pourtant, 100% cache bien des surprises. Car, bien loin de se lamenter sur leur situation, les personnages respirent l’envie de vivre à fond. 100%, c’est avant tout l’histoire de trois êtres en quête d’amour. Il y a le boxeur Haïssieu, sorte de Frankenstein romantique, qui fera tout pour reconquérir sa femme Strel, en tenant sa promesse de raccrocher les gants. Kim, de son côté, d’abord effrayée par l’extérieur, apprendra à baisser la garde devant Eloy, un homme tout ce qu’il y a de plus ordinaire mis à part un talent caché plutôt original. Enfin, John, étudiant désespéré, tombera fou amoureux d’une nouvelle danseuse dans le club où il fait le service.

    D’une longueur exceptionnelle (244 pages), 100% se lit avec une facilité déconcertante. La richesse des personnages et leurs aventures sentimentales nous tiennent en haleine d’un bout à l’autre de ce conte optimiste. Difficile de ne pas se prendre d’affection pour ces post-punks au grand cœur. Paul Pope créé avec 100% un genre assez novateur, une sorte de science-fiction romantique. Inutile de s’attendre à des effets de voitures volantes ou d’autres joujoux technologiques, ce que l’auteur met en avant, ce sont les émotions de ses héros marginaux. Surtout, ce qui semble les lier, c’est leur peur panique de l’avenir, d’être mis face à leur solitude. Bienvenue dans le futur ultra-sensible de 100%, où il vaut mieux être deux !

     

     

     

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