BD : 1066 Guillaume le Conquérant

Les critiques BD
  • Tenderini Weber
  • Le Lombard ©

  • On dit souvent que la Tapisserie de Bayeux est la première bande dessinée de l’Histoire de l’Europe occidentale. C’est dans cet esprit que l’historien et romancier Patrick Weber l’a transposée en véritables planches de BD, laissant le graphisme d’Emanuele Tenderini donner un souffle moderne, mais non moins épique, à l’épopée de Guillaume le Conquérant. Retracer en BD, dans un style réaliste actuel, une épopée dont la relation brodée sur toile fait la célébrité d’une ville depuis près de mille ans : l’entreprise était ambitieuse, presque autant que de monter une flotte en six mois pour aller conquérir le pays voisin. Weber, au scénario, et Tenderini, au dessin, s’en tirent néanmoins avec les honneurs et leur bannière flottera longtemps sur les contrées de la bande dessinée historique ! Il fallait assurément un médiévaliste aguerri et convaincu, pour restituer dans son contexte l’invasion de l’Angleterre par les Normands de Guillaume le Conquérant au XIème siècle. Au rôle des nombreuses intrigues de cour, il faut en effet ajouter l’implication de la religion dans le pourquoi et le comment des faits. La moitié d’un album n’est pas de trop pour les expliciter au fil d’ellipses osées, mais parfaitement maîtrisées. Et, puis, il y a le talent du metteur en images aussi à l’aise dans les secrets murmures d’alcôves que dans les scènes de combat spectaculaire ! Portées par de somptueuses couleurs, celles-ci concilient un certain sens du détail avec un mouvement naturel qui reproduit à merveille le chaos des champs de bataille. Décidément, Guillaume le Conquérant semble être une source intarissable d’inspiration artistique !

     

    Plongez avec les auteurs dans une époque régie par le fer et la superstition, qui vit un duc bâtard de Normandie faire ployer l’Angleterre, le fier pays voisin, jusqu’à l’annexion. En près d’un millénaire, cette saga n’a pas pris une ride…

     

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