BD : Critixman

Les critiques BD
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  • Critixman est un ouvrage hors norme comme son auteur Larcenet.

    On y aborde un sujet tellement sensible qu’il en fut parfois la cause de meurtre  et de suicide : la critique est le cas échéant le critiqueur professionnel ou dit comme tel. Qu’il est cruel pour un auteur de voir analyser, décortiquer son oeuvre. Cruel dans l’impatience de pouvoir lire la dite critique. Si elle est belle c’est que son auteur aura réussi à accomplir l’exploit de toucher du bout des doigts le génie du créateur. Si la critique est négative c’est qu’elle n’aura été écrite que par un gratte papier sans importance qui veut se faire un nom en salissant un plus talentueux que lui.

    Qu’il est difficile l’art de la critique. Même constructive elle ne peut rester neutre, sinon à quoi bon en faire. On connaît  la critique copinage, impossible de dire du mal de ce bon ami qui est si gentil quand il vous invite en famille dans sa maison au bord de la mer. On connaît la critique sadique où on se paye la tête d’un auteur tout simplement parce qu’elle ne nous revient pas cette dite tête. Il existe aussi la critique courant, les autres critiques en disent du mal donc il faut que j’en dise moi aussi du mal. Et nous avons pour finir la critique oupdegrood, cherchez pas le mot est de moi. C’est la critique qui dit toujours l’inverse des autres critiques. Quand les autres disent du bien il faut en dire du mal et inversement. Idéal pour un critique comme manière pour faire plus parler de lui que de l’auteur. Il faut se démarquer !!!

     

    Et Larcenet est sans conteste un auteur qui se démarque de celle de sa génération. On sait qu’il est susceptible, mais qui ne l’est pas ?

    On sait qu’il a mauvais caractère, mais qui n’a pas son coup de chaleur par moment ? On sait aussi qu’il déteste les honteux personnages comme nous qui s’adonnent en sectes secrètes à faire des critiques sur ses ouvrages.

    A charge contre nous autres, il est vrai que parfois certains manquent de modestie en osant croire que leur opinion couchée sur le papier va être partagée par tous les lecteurs. Une critique c’est déjà avant tout une opinion : on aime ou on aime pas. Si on aime, pas de problème on n’a pas de mal à le dire et à le faire savoir.

    Mais si on n’aime pas c’est une autre histoire. On peut se forcer à chercher des points positifs à dire afin que la critique soit en balance et pas de trop négatif, ce qui je l’avoue est très difficile à faire. Ne pas aimer c’est aussi une question de goût, et lire une bd qui n’est pas dans un style que l’on apprécie c’est comme manger des épinards que nos mamans nous forcaient à avaler étant gosses…mais le pire de tout c’est de ne pas aimer l’oeuvre et de dire avec un grand plaisir de sadisme que c’est mauvais, à chier, que la bd est comme l’auteur bon pour la poubelle… ce n’est pas vraiment gentil mais c’est surtout hors de propos puisque nous sommes sensés donner une opinion de professionnel sur une bd et non pas sur son auteur. Pourtant c’est ce que de trop nombreux journaliste et autres critiques osent constamment faire : salir le nom, le travail et parfois l’honneur de Larcenet. C’est vraie que parfois il le cherche, à croire qu’il le fait exprès de se fâcher avec nous. Mais ce n’est absolument pas une raison pour dépasser de notre côté la limite de la déontologie qui veut que si l’on peut s’attaquer à une oeuvre c’est pour ce qu’elle est et non pas par qui elle est faite.

    Et c’est là que Larcenet intervient. Est-ce par un éclair de lucidité ou bien suite à un repos forcé qu’il a pris conscience qu’il pouvait  lui aussi utiliser les même armes que ceux qui franchement lui cassent les pieds depuis un bon moment.

    En se mettant dans la peau du dessinateur il montre avec ironie l’attitude et les commentaires des pros de la critique contre lui et cela avec à peine d’exagération. On lui reproche de vendre donc de se faire de l’argent. On lui jete à la figure son talent sous prétexte que ce n’est que du sous plagiat, même un simple gribouillis est une copie d’une oeuvre cent fois mieux réussie…

    Et si l’auteur ose se défendre on va dire qu’il est égocentrique, paranoïaque, schizophrène… quoi qu’il dise il a absolument tord.

    Mais la où Larcenet a eu raison c’est de dessiner et de faire publier Critixman.

    Beaucoup ont en dit du mal. Mais nous, nous avons aimé, c’est une vraie claque à la pensée unique. Et une preuve, s\’ il en fallait, que l’équipe de bdtresor a fait le bon choix, celui de la pérennité : mettre en avant les ouvrages qui en valent la peine et ne pas perdre notre temps à dire du mal des parutions que nous n’avons pas aimer. Aimer d\’ amour, c’est si personnel. Cela se partage. Mais c’est parfois si privé que personne d’autre ne peut comprendre. Nous savons que nous n’avons pas le monopole du bon goût. Nous essayons de partager ce que nous pensons être bien. Mais on ne fait que le croire. Qui peut dire avoir la vérité absolue ?

    Critixman est une petite réponse au micro monde des critiques qui croit tout savoir et pouvoir tout dire même n’importe quoi.

     

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