BD : La marche des soldats de bois

Les critiques BD
  • Bill Willingham & Lan Medina & Mark Buckingham
  • Panini Comics ©

  • Les Fables sont les personnages de nos contes de fée – de Barbe Bleue à Blanche Neige et de Pinocchio au Grand Méchant Loup – qui vivaient autrefois dans les Royaumes. La magie, les créatures surnaturelles et les exploits surhumains y étaient la norme jusqu’au jour où les troupes de l’Adversaire ont déferlé sur leurs mondes obligeant les Fables survivants à fuir dans le dernier univers qui n’intéressait pas l’Adversaire, un plan où la magie n’existait pas : notre Terre.

    Arrivés à la fin du Moyen-âge, ils se sont insérés dans la vie humaine jusqu’à nos jours fondant à l’intérieur d’une mégapole américaine : Fableville, la ville où les exilés à forme humaine vivent (les non-humains étant reclus à la ferme des animaux).

    La communauté est dirigée par le Maire Cole qui préférant les honneurs à la gestion délaisse ces tracasseries à Blanche Neige. Cette dernière avec l’aide de Bigby Wolf, alias le Grand Méchant Loup reconverti en flic teigneux à l’imparable flair, gèrent Fableville.

    Les deux complices devront dans le premier volume trouvés l’assassin de Rose Rouge, la sœur de Blanche Neige, déjouer dans le second une rébellion armée des Fables de la fermes des animaux, survivre à un complot visant à les assassiner dans le troisième et affronter dans le quatrième et le cinquième les premiers émissaires de l’Adversaire envoyés asservir Fableville.

    Disons le tout de suite, Fables est un bijou. Non pas tant en raison du style graphique qui évolue avec les dessinateurs invités à travailler sur la série – les dessins allant de beau à correct –que pour son scénario.

    L’histoire de Fables est la force de ce comics. Les personnages, leur psychologie, leur motivation et leur passé sont extrêmement fouillés. Ils ont une telle densité qu’ils en deviennent vivants. On frémit pour eux quand le malheur les frappe, d’autant plus que les auteurs n’hésitent pas à tuer leurs protagonistes rendant possible le décès d’un héros.

    L’alternance du récit principale avec des scénettes de la vie quotidienne des Fables ou des flashbacks sur leur passé dans les Royaumes offre un renouvellement et un enrichissement constant de l’univers. Les histoires oscillent entre le drôle et le tragique, l’action et l’enquête. Les thèmes abordés sont nombreux et raviront le lecteur le plus exigeant.

    On pourrait croire cette bande-dessinée réservée à un public enfantin, c’est tout le contraire. Les personnages, fortement détournés, n’ont pour certain qu’un vague rapport avec leur modèle originel. Pinocchio est un homme coincé dans le corps d’un enfant qui passe son temps à se lamenter sur sa sexualité, Boucle d’Or couche avec Petit Ours et le Prince Charmant s’est mué en un gigolo d’un égoïsme monstre.

    Si vous cherchez une bande-dessinée de très bonne qualité naviguant sur les eaux de l’urban-fantasy et qui ne se contente pas d’une intrigue manichéenne, achetez Fables. Vous ne pouvez que craquer devant ces Fables bourrés d’Humanité et de défauts face à un conflit qui les dépasse.

    5 tomes en français, un 6ème en prévision pour fin 2008.

    Légendes en Exil – Semic Books

    La Ferme des Animaux – Semic Books

    Romance – Vertigo chez Panini Comics

    Le Dernier Bastion – Vertigo chez Panini Comics

    La Marche des Soldats de Bois – Vertigo chez Panini Comics

    De Bill Willingham et Lan Medina pour le premier, de Bill Willingham et Mark Buckingham pour les suivants.

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