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BD : La XIe Plaie

Les critiques BD
  • Tackian Urgell
  • collection Terres Secrètes, chez Soleil

  • Michelle est une profiler très demandée. Après plusieurs affaires rondement menées en Angleterre, la police fluviale française décide de faire appel à ses services. Un sac d’os vient d’être retrouvé au fond de la Seine. L’emballement des journalistes est sans précédent alors qu’elle se saisit de l’enquête. Pourtant, celle-ci apprend que ce n’est pas le premier cas du genre, d’autres paquets macabres ayant été retrouvés un peu partout en Europe. Ramenés au laboratoire pour analyse, les os révèlent de noirs dessins. Les chiffres qui y sont inscrits renvoient tous à un passage particulier de la Bible : « Et les eaux du fleuve se changèrent en sang », prédit l’extrait. Le plus troublant reste que les ossements appartiennent parfois à des hommes, parfois à des animaux en voie d’extinction. Michelle tente d’établir un profil psychologique de son tueur : quelles sont les raisons qui le poussent à tuer ? Agit il seul ou se fait il aider ? Un nom récurrent dans ses rêves, « la source », lui fait soudain craindre un réseau organisé. Hasard ou coïncidence, elle retrouve sur un des lieux de crime la carte d’invitation d’une péniche parisienne appartenant à un certain « Le maître ». Décidée à obtenir des résultats, elle s’arrange pour être conviée à l’une des soirées si « spéciales » de ce cercle très fermé.

    Résolument adulte, cette BD n’est pas à mettre entre toutes les mains. Les cauchemars particulièrement gores de l’héroïne sont de nature à choquer. Toutefois, frisson et suspense relèvent très vite l’intrigue de ce thriller sanguinolent. Le lecteur accompagne Michelle dans la progression de son enquête et tremble à mesure qu’elle se rapproche du monstrueux meurtrier. L’histoire lui donne aussi l’occasion de s’immerger dans la peau d’un profiler, fait rare et largement idéalisé dans les shows télévisés. L’exercice de cette profession difficile s’accompagne de tout un tas de névroses auxquelles Michelle ne fait malheureusement pas exception. Visions macabres, repli sur soi… tout un lot de désagréments qui l’empêchent de concilier vie privée et vie professionnelle. Même la résolution d’une affaire semble d’un maigre réconfort face à ces heurts quotidiens. Ecourté par une fin quelque peu prévisible, le récit laisse tout de même présager une suite au moins aussi terrifiante que ce premier tome qui oscille entre fantastique et réel.

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