BD : Laïka

Les critiques BD
  • Nick Abadzis & Hilary Sycamore
  • Dargaud ©

  • 1957, nous sommes au cœur de la guerre froide. L’URSS, qui veut montrer sa suprématie aux Etats-Unis et au reste du monde, fait suivre rapidement la mise en orbite de son premier satellite par celle de Spoutnik II, soit la première sonde spatiale avec à son bord un être vivant. L’envoi d’humains étant encore trop risqué, c’est la jeune Laïka qui est désignée comme passager cobaye… Une petite chienne sauvée de la fourrière qui va connaître un destin exceptionnel. Ses mésaventures, retranscrites dans tous les journaux et sur toutes les radios de l’époque, vont émouvoir le monde entier. Mais cette reconnaissance internationale pour la Russie communiste a malheureusement un prix : le sacrifice de Laïka, car le pays est  technologiquement incapable de faire redescendre Spoutnik II sur Terre…  Certains ouvrages ont le mérite de nous cultiver, en plus de nous divertir. Ce n’est pas si rare avec un bon livre, mais ça l’est déjà beaucoup plus avec une BD. Laïka, qui est davantage un roman graphique qu’une BD, réussit ce double tour de force, sans oublier de nous émouvoir. Il faudrait en effet être un cœur de pierre pour ne pas s’attacher au principal protagoniste de l’histoire, la chienne Laïka. Son existence nous est racontée ici avec beaucoup de tendresse, quasiment de la naissance jusqu’à la mort. Côté historique, le travail d’enquête de l’auteur Nick Abadzis est remarquable. On le constate à la fois au niveau de la fidélité des décors : les locaux de l’Institut de médecine aéronautique de Moscou, le look des sondes spatiales ou des dispositifs de simulation de vol… mais aussi sur la psychologie des personnages de l’époque. On découvre l’indépendance toute relative des scientifiques sous le régime autoritaire de l’URSS. Le rapport au supérieur est omniprésent, et le moindre esprit de rébellion est durement sanctionné. Le sentiment de fierté nationale doit l’emporter sur toute autre forme d’émotion humaine, qu’il s’agisse d’amour ou de colère. Laïka est une vraie mine de connaissances, et le dessin à la « Blake et Mortimer » se charge de rendre la lecture agréable.

     

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