BD : L’Amourir

Les critiques BD
  • Tentacle Eye & Ozanam
  • Casterman ©

  • Bär-Lein. Mars 03. De retour d’un long voyage, Wirde Owen, un marin, arrive dans cette ville portuaire avec un lourd passé de révolutionnaire derrière lui. La ville est dotée d’un appareil policier très répressif, émanation du régime totalitaire et aliénant. Wirde se fait contrôler dès son arrivée. Mais, ce n’est pas pour l’arrêter. C’est pour le faire bénéficier d’une loi sur le logement qui veut que ceux ayant trop d’espace le partagent avec ceux qui n’ont rien. C’est ainsi que le marin est emmenée dans un cabaret où il rencontre Lillie dont il devient immédiatement amoureux fou… Le scénariste Antoine Ozanam nous propose ici une intrigue tendue faite de faux-semblants. Marier histoire d’amour et lutte révolutionnaire n’est pas en soi un gage de réussite. Mais, à l’image de Sambre, le récit se révèle captivant. L’Amourir est d’abord un titre des Young Gods, groupe rock suisse. Influencée par cette musique, l’histoire reste sombre et violente comme le soupçon d’une trahison, trouble comme l’identité du héros, tragique comme certaines passions d’amour. Le découpage d’Ozanam est une partition dans laquelle les couleurs du dessinateur Tentacle Eye emportent le rythme. De mélopées en à-coups, L’Amourir est bien plus que l’histoire de Lillie, danseuse de charme, et Wirde, pseudo-matelot à l’humanité retrouvée. C’est un manifeste qui sourd comme l’écho de notre monde.

    Un album qui surprend agréablement par la force des sentiments des protagonistes…

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