BD : Les larmes de l’assassin

Les critiques BD
  • Murat Bondoux
  • Futuropolis ©

  • C’est une terre malmenée par le vent, en bordure du Pacifique qui charrie des blocs d’iceberg. C’est au sud extrême du Chili. C’est là que vit Paolo, dans une ferme misérable et isolée, livré à lui-même, plus ou moins abandonné par des parents qui ne s’occupent pas de lui. Un jour, un homme arrive jusqu’à la ferme. C’est Angel Allegria, un truand, un escroc, un assassin. Il tue les parents de Paolo pour mettre fin à deux semaines d’errance et s’approprier leur petite bicoque, refuge idéal pour un homme traqué par la police…Le scénariste dessinateur Thierry Murat adapte ici le roman culte Les larmes de l’assassin d’Anne-Laure Bondoux. Pour cette dernière, son histoire mélange l’intrigue policière, le roman d’aventure, le récit réaliste, la fable et le roman psychologique. Mais, le mot juste est plutôt roman d’amour initiatique. Murat abonde dans cette voie avec une adaptation dense. C’est un récit sur l’innocence et le mal qui interroge la complexité des sentiments humains. Au point d’établir un rapport filial entre deux êtres que la mort a mis face à face. Paolo et Angel sont vraiment nés le jour de leur rencontre ! Murat réussit parfaitement à traduire les sentiments des acteurs avec leurs petites joies et leurs grandes trahisons. Le découpage donne une impression de solitude et la rareté des dialogues entretient un suspense qui tiendra le lecteur en haleine jusqu’au bout d’une histoire au dénouement tragique. Graphiquement, Murat travaille à l’économie. Les décors sont sommaires. Les personnages à peine esquissés.

     

     

    Cette adaptation d’un roman culte et ambigu suscite la réflexion…

     

     

    ?>