BD : Matteo Deuxième Epoque (1917-1918)

Les critiques BD
  • Gibrat
  • Futuropolis ©

  • 1917. Toujours déserteur, revenu clandestinement d’Espagne où il s’était réfugié, Mattéo passe à Collioure embrasser sa mère. Le soir même, il revoit Juliette, qu’il tente en vain d’emmener avec lui. Le lendemain, Mattéo, accompagné de Gervasio, embarque pour Petrograd. Après trois mois de mer, les deux amis, en mission d’exploration pour le compte des anarchistes espagnols, sont au cœur même de la révolution qui s’embrase… Jean-Pierre Gibrat signe ici une fresque romantique sur fond de révolution où il promène son héros désabusé de la guerre de 14-18 à la révolution russe. Il fait ici le portrait psychologique d’un jeune homme déraciné, malheureux en amour. Car, c’est cela dont il d’abord question. Mattéo, c’est Roméo sans Juliette. Même quand Juliette s’abandonne à lui. Même quand Léa le fait profiter de ses charmes. La toile de fond, ce sont toutes ces guerres, ces boucheries inutiles. Le récit romanesque est parfaitement documenté. Les idéaux révolutionnaires et anarchistes de Mattéo ne survivent pas à la cruauté de la réalité. Gibrat sait faire passer les émotions de ses personnages. Graphiquement, il prouve une fois de plus sa maîtrise avec une mise en pages soignée et des angles de vue inédits. Les visages sont très expressifs. Les paysages et les décors respirent la beauté. Grâce à la couleur directe, les cases ressemblent à de véritables toiles.

    Un épisode d’une magnifique saga à ranger parmi les indispensables…

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