BD : Quai d’Orsay T1 Chroniques diplomatiques

Les critiques BD
  • Blain & Lanzac
  • Dargaud ©

  • Laissant momentanément sa thèse de côté, Arthur Vlaminck rencontre au Quai d’Orsay Alexandre Taillard de Vorms, ministre de l’intérieur. Ce personnage fantasque et grandiloquent le bombarde préposé au langage. En fait, il charge ce jeune homme trop naïf d’écrire ses discours. Son premier discours pour la Commission des Droits de l’Homme à Genève atterrit sur le bureau du ministre. Emphatique, lyrique, Alexandre remet Arthur cent fois sur l’ouvrage… Le scénario d’Abel Lanzac et de Christophe Blain nous promène dans les coulisses de la politique et de la diplomatie avec ce souci de véracité qui fait qu’on y croit. Alexandre donne un rythme nerveux au récit. Il survole ses conseillers. Le langage, sa pierre angulaire, il le maîtrise parfaitement et s’en sert à bon escient. C’est lui le héros qui vole la vedette à toute une galerie de personnages secondaires qui paraissent petits et pusillanimes. En contrepoint, le pauvre Arthur fait office de souffre-douleur, mangé, broyé par le mécanisme ministériel. Avec démesure, les scénaristes donnent à leur histoire une allure infernale. Graphiquement, on peut parler de totale réussite. Alexandre, le personnage principal, est croqué toujours en mouvement et donne le tournis. A côté, les autres personnages paraissent bien falots.

     

    On dévore passionnément ce pavé de 96 pages aux phrases ampoulées qui se termine comme un épisode A suivre. Forcément, on ne manquera pas de lire la suite !

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