BD : Rose d’Elisabethville

Les critiques BD
  • Séraphine Thilde Barboni
  • Dupuis ©

  • Bruxelles, juin 1960. Jeune journaliste anti-colonial, Eric Vermeer revient du Congo, en pleine phase de décolonisation, avec un article indulgent pour Lumumba. Ce qui déplait à certains. Sa femme, Rose, infirmière, a vécu son enfance au Congo et en garde beaucoup de nostalgie. Et voilà que le chargé d’affaires de Raoul Van Lancker lui remet une lettre à ouvrir après son décès ainsi qu’un masque et un diamant. Raoul a veillé longtemps sur la jeune femme et sa mère… Avec beaucoup de finesse et d’habileté, la scénariste Thilde Barboni signe un scénario brillant qui mêle une intrigue policière, une crise psychologique et les soubresauts d’un contexte politique agité. L’album s’ouvre sur la décolonisation douloureuse du Congo qui affecte Rose, l’héroïne. Tout son passé lui revient en tête, avec cet homme qui l’a protégé, elle et sa mère, au Katanga. Eric vit le présent et cherche à dénoncer les abus commis par les belges au Congo. A travers une course folle aux diamants, Rose et Hortense vont se redécouvrir sur un fond de violence exacerbée dont est victime Eric. Et, la trame du récit laisse transparaître que le seul mystère qui compte est celui de cet enfant inconnu, légataire d’une fortune. Séraphine réalise ici un petit bijou graphique. Avec un trait élégant, précis et limpide, elle donne chair à ses personnages tandis que les décors ne manquent pas de classe.

     

     

    Un magnifique récit alliant aventure et politique qu’on lit d’un trait et qui fait réfléchir…

     

     

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