BD : Rue des Chiens Marins

Les critiques BD
  • Constant
  • Lombard Signé ©

  • Allemagne. Années 40. Rue des Chiens Marins. Ils étaient trois frères: Josef, Viktor et Kurt. Tous amoureux d’Emma, une jeune juive qui jouait du violon. Kurt était handicapé à la jambe. Avec elle, ils contemplaient les chevreuils dans la forêt. Gunter Spucke, le professeur de violon, un nazi, a expliqué à Emma qu’elle ne devrait jamais porter l’étoile jaune. Un jour, il a tenté de la violer. Les trois frères l’ont frappé à sang. Viktor a été mobilisé sur le front russe. Kurt a été réformé et Josef s’est retrouvé dans les sous-marins… Michel Constant signe ici pour la première fois un album en solo. On embarque à bord d’un U-Boot, fleuron de la Kriegsmarine à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. La vie y est monotone entre les torpilles et les cadavres. Alors, le héros, Josef, s’invente un confident. Ce récit poignant rejoint une terrible réalité: celle d’un gamin contraint de devenir trop tôt un adulte. Avec les souvenirs de sa famille et ses propres constatations, Constant livre ici une histoire humaine qui aboutit à la perte de l’innocence. Le propos, c’est la guerre mais surtout l’adolescence et ses turpitudes. Il nous décrit cela avec un brin d’ironie et d’humour. Le dénouement est à la fois tragique et porteur d’espoir. Graphiquement, on reconnaît la griffe de Constant dans les personnages aux visages lisses mais plein d’expression et dans les décors.

     

    Un album réussi qui ne laissera personne indifférent…

     

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