BD : Salammbô

Les critiques BD
  • Philippe Druillet et Gustave Flaubert
  • Drugstore ©

  • Pendant la première guerre punique qui oppose Rome à Carthage, les mercenaires employés par cette dernière ne sont plus payés. Mourir pour des idées ? Pas d’accord ! Ils vont se rebeller contre leur employeur et tenter de se payer sur la bête. Lors d’une expédition, deux des chefs barbares vont rencontrer la belle Salammbô (fille d’un des chefs carthaginois) et en tomber amoureux. La guerre qui va se poursuivre entre la cité impériale et ses anciens mercenaires va prendre dès lors un sentier où les sentiments humains comme l’orgueil, la passion ou le désir vont l’emporter sur la réflexion politique.

    Epique et échevelé, le roman de Flaubert respectait le peu d’histoire, qu’à son époque, on connaissait de cette période. Il en avait profité pour décrire un Orient à l’exotisme sensuel et violent. Une image qui colle encore à la peau de cette partie du monde. En s’emparant de ce récit, à la fin des années 70, Druillet le transposa facilement en récit de science fiction. Mais surtout il attira sur son travail l’attention des critiques. En explosant ses dessins, en violant toutes les règles graphiques qui codifiaient le genre, il créait une œuvre marquante, une œuvre capitale de la bande dessinée. Le dessin de Druillet est dense, fouillé, coloré et démesuré. Chaque page multiplie les détails d’une précision incroyables. Si les BD de Druillet sont à lire, elles sont aussi à contempler (parfois avec une loupe), un peu à la façon des tableaux de Dali. Un ouvrage indispensable. 

    ?>