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BD : Spirou le journal d’un ingénu

Les critiques BD
  • Emile Bravo
  • Dupuis ©

  • Emile Bravo a eu le courage de relever le défi de créer un nouveau Spirou. Ou plutôt la genèse de Spirou puisqu’on le retrouve dans le rôle de groom  de l’hôtel le Moustic dans une Belgique en attente d’une nouvelle guerre qui lui semble improbable qu’elle puisse la toucher.

    Spirou va être le témoin involontaire d’une rencontre entre des représentants de la  Pologne et d’un émissaire du nazisme allemand. La teneur de la rencontre est de taille, si les protagonistes n’arrivent pas à se mettre d’accord sur l’avenir du couloir de Dantzig, l’Allemagne devra déclarer la  guerre à la Pologne, c’est d’ailleurs ce que certains dépositaires du pouvoir nazi voudraient. La seule chose qui les retient c’est la réaction des Français et des Anglais. C’est pour cela qu\’en cas de doute une dernière chance est offerte aux Polonais.

    Spirou lui ne comprend rien à l’affaire, il est jeune et porte sur ses épaules l’insouciance qui va avec. Il a comme collègue de travail une jeune fille qui ne semble pas insensible à ce qui se passe en Europe. Spirou commence à croire qu’il vit une histoire d’amour avec elle mais ce qu’il ignore c’est qu’il se retrouve au milieu d’espions.

    Il manquait l’historique de Spirou, voici que le mal est réparé. Grace à Emile Bravo on connaît enfin les origines de Spirou, les raisons de sa venue dans l’hôtel Le Moustic (voir revue Spirou spécial anniversaire), sa première rencontre avec le journaliste Fantasio mais aussi pourquoi Spirou est toujours habillé en groom.

    C’est un personnage totalement ingénu (d’où le titre) mais follement humain. Spirou montre qu’il est capable d’avoir de très forts sentiments. Sans le mettre en position du héros de papiers il est présent dans un moment historique qui fit basculer le monde dans l’horreur.

    Je ne vous parle pas du dessin et des couleurs qui collent parfaitement à l’époque et à l’atmosphère du moment. C’est du travail proche du fabuleux.

    Construire la première rencontre entre Spirou et Fantasio n’était certainement pas facile et l’idée de la construire comme un échec, une rencontre raté, et de plus mettre Fantasio dans le rôle du bête journaliste presque méchant, donne une forme explosive comme celle des bombes qui tomberont quelques jours plus tard.

    Le journal d’un ingénu est tellement bien réussi que je suis certain que dans quelques années des lecteurs ou pire des nouveaux journalistes critiques de bd oseront se tromper en prétendant que cette bd est la première de la série. Mais en disant cela, ils auraient complètement tord ?

     

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