Constance d’Antioche, la Princesse rebelle

Les critiques BD

Antioche 1149. Pendant que Raymond de Poitiers, mari de Constance princesse d’Antioche, est parti guerroyer contre les Sarrasins, ceux-ci organisent le siège de la cité imprenable. Le siège d’Antioche s’installe et, alors que les notables de la cité enjoignent Constance d’ouvrir les portes, elle organise la résistance avec fougue en espérant que le messager qu’elle a fait partir plus tôt pour Jérusalem reviendra rapidement avec l’armée du roi Baudouin. Car si Antioche ne se prend pas par les armes, on peut en affamer ses habitants…

Aujourd’hui, oubliée de tous ou presque Constance d’Antioche revient par la magie de la bande dessinée. Jean-Pierre Pécau nous restitue une femme forte qui sacrifia sa vie et l’orgueil de Renaud de Châtillon, son second mari, au seul sujet qui lui tenait vraiment à cœur : sa cité.  Si le Moyen-âge et la période des Croisades sont –de nos jours– peu connus, il n’en demeure  pas moins vrai que c’est là que sont apparus les premiers sentiments nationaux. Femme de tête et volontaire Constance est une femme de pouvoir qui n’hésite pas à se servir de la religion ou de ses mariages comme outils politiques destinés à conforter son autorité et son indépendance. Femme de pouvoir dans un univers d’hommes, Constance, mariée une première à 9 ans à un homme ayant 28 ans de plus qu’elle, saura s’imposer comme femme et reine en s’appuyant sur les divisions qui existaient entre les Etats latins, l’empire byzantin et les musulmans. Un récit efficace et respectueux de l’histoire bien servi par le dessin au  trait réaliste et plutôt expressif de Gabriele Parma.

Les reines de sang – Constance d’Antioche, la princesse rebelle, tome 2, Jean-Pierre Pécau et Gabriele Parma. Editions Delcourt, 56 pages, 14,95 euros.

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