Dossier de presse : 3 secondes

Les dossiers BD

Marc-antoine Mathieu pousse encore plus loin ls limites de la bande dessinée : ayant pensé dès le départ deux versions de sa bande desinnée, il nous propose de mener une enquête en suivant la trajectoire d’un photon durant trois secondes, et de réaliser ainsi deux expériences de lecture, sur papier… Et en numérique. Il nous raconte les raisons de ce nouveau challenge et nous explique sa méthode de travail, particulière sur ce livre.

3 secondes est un titre surprenant : que sous-entend-il?

ça sous-entend un temps très court, mais si ces trois secondes durent tout un album, c’est qu’il y a une raison. En trois secondes, il peut se passer beaucoup de choses, et c’est l’objet du livre. C’est un espace-temps particulier, une tranche de vie sur terre très courte, mais durant laquelle beaucoup d’événements vont se dérouler et le lecteur va pouvoir projeter pas mal de choses.

La lecture ne dure pas trois secondes puisqu’on doit prendre le temps de comprendre cette histoire sans dialogue. As-tu réfléchi au tempo du livre, car il est extrémement important dans cette succession de scènes qui se déroulent simultanément?

Le tempo graphique du livre s’est imposé de la maniére suivante : « L’incrément » (l’indice de grossissement) devait être suffisament court et à la fois suffisament ample pour pouvoir avancer dans ce tunel d’images en ayant le sentiment dedécouverte. Et il fallait absolument qe je puisse garder le contrôle de l’esthétique de l’ensemble de la page.

C’est une bd papier et numérique. qu’as-tu eu envie de développer et d’explorer dans ce nouvel album?

On est vraiment dans l’exploration effectivement. Mon envie était de développer un espace-temps particulier, et d efaire une expérience autour de ça plutôt que de raconter une histoire. 3 secondes n’emmène pasle lecteur dans une direction précise, mais plutôt dans une expérience de lecture que j’ai envie de partager, et c’est très différent. En ce sens, il s’agit avant tout d’un jeu et d’un espace ludique. C’est non seulement une histoire qui est présentée linéairement, mais ce sont aussi beaucoup d’autre histoires annexes, autant d’arborescences à ce tronc central qui constituent cet album et cet objet numérique.

Il y a tout de même une histoire sur fond de complot dans le monde du football, au coeur de la FIFA. Tu t’intéresse au football?

J’aime regarder un bon match comme toute personne qui aime être excitée par l’expérience humaine, mais je ne suis ni un fan ni un accro au foot. j’ai écrit cette histoire de façon un peu automatique. je n’ai pas essayé de construire une histoire, je n’avais pas envie de diffuser un message. Cela aurait pu se passer dans le monde du cyclisme ou de l’haltérophilie s’il y avait eu assez de miroirs à exploiter dans ces milieux-là, mais ça a naturellement été le monde du foot. C’est un milieu où l’on peut tout à fait concevoir des histoires de gros sous et des enjeux tels que l’on puisse essayer de tuer des gens. On peut imaginer cette sorte de récit de politique-fiction et d’anticipation. Je n’ai pas voulu viser le football, toutefois il ses trouve que depuis que je travaille sur le sujet, ce sport est régulièrement agité par des scandales plus ou moins imporrtants ou même de faux scandales, mais je ne sais pas si c’est une coïncidence.

A propos de meurtre, un tueur tire une balle, mais on ne sait pas vers qui. Est-ce le but de cette histoire : démêler le vrai du faux, se poser des questions?

C’est une bd où l’on est le héros, un album où notre regard serait la loupe, ou le limier. Il s’agit de fouiller dans les coins, de visiter le hors-cadre, de l’imaginer, de retrouver la trame principale ou de la perdre… il faut chercher un peu. Dans ce tunnel graphique qui paraît a priori exotêmement rigoureux et qui fait la radicalité de l’objet, possibilité est donnée de s’évader dans le hors-champ, de s’imaginer d’autres espaces et les autres histoires qui s’y déroulent. C’est tout l’intérêt de l’expérience de lecture de 3 secondes.

Acheter :