Errance en mer rouge

Les critiques BD
  • Alessandra
  • Casterman ©

  • Pour essayer de se distraire du souvenir lancinant de son épouse récemment décédée, Tom, un enseignant en arts plastiques dans la quarantaine, accepte un nouveau poste à Djibouti. Là, face au détroit de Bab-El-Mandeb – « la Porte des larmes » – qui a tant fasciné des générations d’artistes de toutes origines, Tom, soudain submergé par des ambiances et des sensations nouvelles cesse peu à peu de se cramponner à son chagrin et se laisse happer par cet environnement inédit. Ses interventions bénévoles pour enseigner des rudiments de dessin aux orphelinats locaux et surtout sa rencontre avec Fred, un baroudeur excessif et illuminé, vont achever de le guérir de sa neurasthénie… Scénariste, dessinateur et coloriste, Joël Alessandra nous revient, après « Le Périple de Baldassare », avec une histoire sauvage inspirée de faits réels. Pour avoir beaucoup voyagé, l’auteur connaît bien la région où il envoie son héros un peu naïf. L’intrigue est à la fois tragique et excitante. On assiste à la transformation d’un homme qui meuble sa vie et finit par marcher sur les pas d’Henry de Monfreid. Au fil des pages, Tom devient un aventurier et reprend goût à la vie. La rencontre avec les pirates est cruciale. Le dénouement est à la fois dramatique et prometteur. Graphiquement, Alessandra nous offre de superbes aquarelles. Ses personnages sont bien typés. Les décors sont sublimes et les couleurs magiques.

    Un voyage passionnant au cœur de l’Afrique…

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