Evolution de la bande dessinée depuis 10 ans

Les dossiers BD

Gilles Ratier : Évolution de la bande dessinée depuis 10 ans.

La BD avant l’an 2000.
Depuis ses origines, la BD passait, la plupart du temps, par une pré-publication dans les journaux. Or, petit à petit, et particulièrement dans les années 1990, la BD est devenue un média, à part entière, qui ne s’est plus uniquement destiné à la presse. L’album a pris le dessus, profitant de cette mutation. Cependant, ce nouveau support s’est coupé d’une partie du lectorat populaire, à l’exception des immuables « Astérix », « Lucky Luke », « Blake et Mortimer », « Spirou », « Boule et Bill », « Gaston Lagaffe », « Blueberry » et autres « Schtroumpfs ». A la fin des années 1990, rares étaient les créations, datant de moins de 20 ans, qui vendaient à plus de 100 000 exemplaires. C’était pourtant le cas des « Tuniques bleues », du « Petit Spirou », de « Thorgal », des « Bidochon », de « XIII », du « Marsupilami », de « Largo Winch », de « Titeuf » (qui n’en est alors qu’à ses débuts) ou des albums de Margerin, d’Enki Bilal, de Tardi, de Claire Bretécher et de François Bourgeon ; leur succès s’expliquant par une maîtrise de la narration et un dessin qui collait parfaitement à l’histoire. Les éditeurs en ont pris alors doucement conscience alors que les mangas commençaient, timidement, à prendre quelques parts de marché, touchant un public peu aisé, ayant du mal à débourser le prix d’un album cartonné.

Entre 1990 et 1999, les cartes éditoriales ne se répartissaient plus qu’entre quelques grosses maisons (et on retrouve les mêmes aujourd’hui !). A l’époque, l’ordre d’importance était le suivant : Dupuis, Dargaud, Flammarion ( Casterman et A.U.D.I.E. ), Glénat (avec Vents d’Ouest ), Les Humanoïdes associés, Hachette (avec Disney Presse, Albert-René …) et Albin Michel . Elles étaient suivies, dans une moindre mesure, par Delcourt et Soleil , lesquelles vont devenir, petit à petit, beaucoup plus importantes. Tous ces éditeurs vivaient sur leurs acquis et étaient à la recherche du moindre best-seller. Les auteurs ayant déjà fait leurs preuves étaient, bien entendu, choyés, surtout quand certains, comme Jean Van Hamme (le scénariste de « XIII », « Thorgal » et autres « Largo Winch ») arrivaient à faire vendre des albums rien que sur leur simple nom. A contrario, une nouvelle génération d’auteurs, issue des fanzines ou des petites structures, commençait, timidement, à percer.

L’an 2000 arrive et…
En l’an 2000, 1563 livres appartenant au monde de la BD avaient été publiés : une évolution à la hausse constatée pour la 5 ème année consécutive. Au début des années 1990, on atteignait à peine le chiffre de 800 parutions ! Ce n’était qu’un début puisqu’en 2004 nous sommes arrivés au chiffre faramineux de 3070 livres concernant l’univers BD (dont 2120 strictes nouveautés). Continuant à bénéficier d’une grande diversification de son lectorat et d’un renouvellement de la création, l’année 2005 va encore permettre de battre ce record, pour la 10 ème année consécutive, même si cette inflation diminue la visibilité de 6 livres sur 10. Outre la forte poussée des BD asiatiques dont nous parleront plus en détail par la suite, il faut signaler la hausse du nombre de titres édités par les éditeurs traditionnels et par les labels indépendants (ou alternatifs) qui privilégient les expériences graphiques ; alors que ces derniers sont de plus en plus noyés dans la masse. En comparaison, 50 000 livres (tous genres confondus) ont été publiés en 2004 ; la BD représente donc 6,14% des livres édités sur le territoire francophone européen et un peu plus de 6,5% du chiffre d’affaires de l’édition.

Contrairement à l’industrie du disque qui préfère produire peu mais «cartonner», celle du livre a choisi la diversité de sa production et la BD (expression culturelle à part entière, très bien segmentée, qui reste l’un des plus dynamiques secteurs du marché du livre), montre l’exemple. Alors que la profession s’interroge sur la surabondance de l’offre, il semble que cette diversité, bien orchestrée, soit, à l’inverse des craintes, bénéfique à un marché qui n’est pourtant pas indéfiniment extensible (il est estimé à 250 millions d’euros, soit un peu plus de 30 millions d’albums vendus par an par Livres Hebdo et à 43 millions par une étude de l’institut de marketing GFK , soit un livre sur huit vendus en France). Ceci dit, attention, les acheteurs de BD concentrent leurs achats sur les valeurs sûres et les libraires, submergés, réalisent des mises en place de plus en plus faibles sur des albums innovants mais peu rentables. Enfin, notons que c’est surtout la rentrée littéraire qui permet de donner un nouveau souffle aux ventes de BD, avec (ou malgré) les 1045 albums – soit 34,03% de la production annuelle – parus entre septembre et novembre 2004 : et la rentrée 2005 risque d’être encore plus chargée.

En effet, c’est toujours le cercle très fermé des principaux éditeurs qui produit le plus. Le groupe Média Participations (c’est-à-dire Dargaud, Le Lombard, Kana et, depuis l’an passé, Dupuis ) contrôle 40% du marché de la BD francophone et a publié, en 2004, 12% de la production BD. Le groupe Glénat (avec sa propre marque, Glénat Mangas, Vents d’Ouest, Paris-Bruxelles et Caravelle ) est toujours à la 2ème place et a publié 9,5% de la production BD en 2004. Le groupe Flammarion (avec Casterman, Fluide Glacial , Sakka, Jungle , J’ai Lu et Librio ) est 3ème : il représentait 8% de la production BD en 2004. Le groupe Soleil talonne ces 3 grands (avec sa propre marque et ses labels Soleil Manga ou Gochawon et la résurrection du label Futuropolis détenu à 50% avec Gallimard ; ce dernier avait déjà un pied dans la BD avec Denoël Graphic et vient de lancer, sous sa propre marque, une collection jeunesse). Soleil a publié 7% de la production BD en 2004 ; viennent ensuite Delcourt (avec sa propre marque, les mangas Akata et un important département jeunesse) qui a publié 8% de la production BD en 2004, Les Humanoïdes associés avec 2,5%, Bamboo avec 1,5% et Albin Michel BD (ou SEFAM ) avec 2%. Ces ténors du marché, réalisent, à eux seuls, plus des 2/3 des activités de la BD. Il faut aussi citer le groupe La Martinière (avec EP , Le Seuil, et Rivages ) qui représentait 1,8% de la production BD en 2004, l’éditeur suisse Paquet avec 1,3%, le groupe Bayard (leader de la BD jeunesse avec sa propre marque mais aussi avec Milan et Treize Etrange , rachetés recemment) avec 2,3%, le groupe Tournon ( Semic , Carabas et Kami ) avec 3%… Ces 14 prolifiques éditeurs ont publié plus des 3/4 de la production en titres, en 2004, ce qui laisse peu de marge de manœuvre aux labels indépendants ( Akileos , L’Association, Atrabile , La Boîte à Bulles , La Cafetière , Charrette, Clair de lune, La Comédie illustrée , Cornélius , Le Cycliste , Drozophile, Ego comme X , Erko, FLBLB , FRMK , Grafouniages , Groinge, IPM , Joker, JYB Aventures , Loup, Mégalithes, Mosquito, Petit à petit , PLG , Rackham , Les Requins Marteaux, Six pieds sous terre , Tartamudo, Theloma, Vertige Graphic…) ou aux nouveaux venus : Actes Sud , qui a pris 50% du capital de L’An 2 , Hoëbeke , Grasset, M6 et Hachette Littératures (éditeurs généralistes pourtant bien armés sur le plan diffusion et distribution).

L’imposante production BD est aussi le fait de maisons françaises spécialisées dans le manga : Pika (après Kana et Glénat Mangas , cette dernière domine nettement le marché) qui représentait 2,4% de la production en 2004, Panini (avec Génération Comics et Marvel France ) qui en représentait 4,5%, SEEBD (avec Saphira, Kabuto, Akiko et Tokébi ) 5,2%, Tonkam 3,1% ; il faut aussi citer quelques maisons de moindre importance comme A suka , Taifu ( Punch Comics ) , IMHO, Ki-Oon, Matière …, et le nouveau label d’ Univers Poche, filiale d’ Editis , Kurokawa , qui espère bien changer la donne dans ce secteur.

Mangas, Comics, l’Heroic-Fantasy .
Ces BD, de différentes origines ou appartenant à un genre bien défini, touchent des publics importants mais souvent différents de ceux qui apprécient la traditionnelle BD franco-belge. Devant l’importance prise par la BD japonaise et américaine, les éditeurs francophones ont tissé des liens suscitant une collaboration entre des artistes venus d’horizons différents. Désormais, nous assistons à de véritables échanges : certains auteurs arrivent à travailler aux USA, des cadors de la BD franco-belge planchent sur des versions exportables des plus célèbres super-héros, des projets similaires concernant les mangas sont en cours et de nombreux auteurs francophones et asiatiques n’hésitent plus à travailler ensemble. D’autre part, de plus en plus d’auteurs s’inspirent des codes graphiques (grands yeux, dessin stylisé…) et narratifs (peu d’ellipses, ne s’interdire aucun sujet…) des mangas, comme le prouve nombre de séries chez Delcourt, Glénat , Soleil , Paquet ou aux Humanoïdes associés . Le catalogue de ces derniers rassemble des graphistes de diverses origines maîtrisant un trait où l’on sent la nette influence des BD mangas et des comics : irait-on vers un style universel ?

C’est donc la BD asiatique qui continue à être la plus traduite sur le territoire francophone : on comptait 754 mangas en 2004, il y en aura vraisemblablement plus de 1000 en 2005 (on s’achemine vers 40% des parutions de l’année) alors qu’en 1994, seulement 19 mangas avaient été traduits en français. Le phénomène ne se limite pas à nos frontières puisque, aujourd’hui, c’est toute l’Europe, et même les très protectionnistes Etats Unis, qui se sont laissés séduire par les BD asiatiques. Grâce aux mangas, la BD a retrouvé un public populaire (jeune et féminin), sensible au fait que ces ouvrages soient peu onéreux (pour une quantité importante de pages) et que les nouveaux tomes de chaque série se succèdent dans des délais très rapprochés : c’est d’ailleurs l’un des principaux facteurs d’augmentation de la production BD. Aujourd’hui, toutes les librairies ont des rayons spécialisés en mangas et tous les éditeurs traditionnels de BD ont une collection ou un label spécialisé dans ce secteur lucratif. Les mangas (BD japonaises) et les manwhas (BD coréennes) représenteraient environ 30% du marché de la BD francophone et l’achat d’1 BD sur 3. Les plus grosses vedettes des mangas sont “ Naruto ” (chaque volume est tiré à 70 000 ex.), “ Yu-Gi-Oh ! ”, “ Gunnm Last Order ”, “ Fullmetal Alchemist ” (60 000 ex. par tomes), “ Fruits Basket ”, “ Shaman King ”, “ Samouraï deeper Kyo ”, “ Hunter x Hunter ” (40 000 ex. par tomes)…, sans oublier les rééditions de “ Dragon Ball ” qui continuent à se vendre, régulièrement, à plus de 20 000 ex. par tome. Cet engouement est tel que les mangas possèdent même leurs revues de pré-publications Clamp Anthology , Coyote , D.Mangas , Manga Kids , Maniaks , Shônen, Tokebi ou Mangas Hits , lancé à 100 000 exemplaires, en partenariat avec M6…

En revanche, le nombre de magazines publiant des BD américaines super-héroïques (“ Spider-Man ”, “ X-Men ”, “ Superman ”, “ Batman ”…) continue de baisser (seuls 30 fascicules tirés entre 25 000 et 40 000 ex. paraissent régulièrement) alors que de plus en plus de BD américaines sont publiées en albums (en 2004, elles représentaient 8,21% des publications BD). Ce secteur est dominé par le groupe Panini France qui a récupéré les droits d’édition de l’éditeur américain de “ Batman ” et de “ Superman ”, après avoir imposé sa marque, en Europe et en Amérique Latine, en ayant déjà l’exclusivité des BD Marvel comme “ X-Men ” , “ Spider-Man ” ou “ Fantastic Four ” . Panini devient donc le plus gros éditeur francophone de BD «made in USA», loin devant ses éventuels concurrents : Semic , Delcourt (pourtant propriétaire de la licence “ Star Wars ” de chez Dark Horse ), Kymera , USA , Wetta , Akileos ou Bamboo qui lance Angle Comics , label basé sur des comics destinés à un public de jeunes ados. Notons qu’il semblerait que ce lectorat commencent à se lasser des sempiternelles histoires de quêtes, de sortilèges, de dragons ou de combats contre des monstres qui remplissent les très nombreuses (220, en 2004) BD d’heroic-fantasy (pour la plupart d’origine européenne), un genre qui se place, aujourd’hui, juste après l’humour au niveau du nombre de parutions.

Alors que le tirage moyen baisse toujours, la BD reste toutefois à l’origine des plus gros succès de l’édition francophone, tous genres confondus. Par exemple, jamais un livre n’aura été tiré à autant d’exemplaires que le nouveau “ Astérix ” (3 075 000 exemplaires) ! Mais ce n’est pas le seul : “ Titeuf ” du suisse Zep est un véritable phénomène de société (son dernier album a été tiré à 2 000 000 exemplaires), la reprise de “ Lucky Luke ” par l’humoriste Laurent Gerra et Achdé est aussi un énorme succès (650 000 ex.), comme celles de  » Blake et Mortimer  » par Sente et Juillard ou par Van Hamme et Ted Benoît (550 000 ex.) ou comme chaque nouvel album de “ XIII ” de Van Hamme et Vance (500 000 ex.), “ Largo Winch ” de Van Hamme et Francq, “ Boule et Bill ” de Verron (d’après Roba), “ Joe Bar Team ” de Bar2 et Fane ou “ Le petit Spirou ” de Tome et Janry (450 000 ex.), “ Kid Paddle ” de Midam (400 000 ex.), Le Chat ” de Geluck ou “ Lanfeust des étoiles ” d’Arleston et Tarquin (350 000 ex.), Cédric ” de Cauvin et Laudec ou “ Thorgal ” par Van Hamme et Rosinski (300 000 ex.), “ Les Tuniques bleues ” de Cauvin et Lambil, “ Les profs ” d’Erroc et Pica, “ Litteul Kévin ” de Coyote ou la reprise de “ Spirou ” par Morvan et Munuera (200 000 ex.)… Notons également le succès obtenu par des séries au concept original comme “ Le décalogue ” de Giroud (100 000 ex. par titres) ou “ Le triangle secret ” de Convard (80 000 ex. par titres). Même des BD plus personnelles, réalisées par des auteurs célèbres comme Tardi, Bilal, Loisel, Bourgeon, Margerin, Vuillemin, Pétillon, Ferrandez, Hermann, Schuiten et Peeters, Boucq ou Gibrat se hissent aussi sur les rangs des meilleures ventes. C’est également le cas pour certains jeunes talents comme Joann Sfar et son “ Chat du rabbin ” (110 000 ex.), Manu Larcenet et son “ Combat ordinaire ”, Lewis Trondheim et son “ Lapinot ”, Emmanuel Guibert et son “ Photographe ”, Marjane Satrapi et son “ Persépolis ” ou Christophe Blain et son “ Isaac le pirate ” (45 000 ex.), ou encore pour David B., Blutch, Christophe Chabouté, Guy Delisle… : une nouvelle génération d’auteurs prolifiques, réalisant indifféremment textes et dessins. Ce mouvement, relayé par les romans graphiques, défend une BD “d’auteur” ; il avait été amorcé, dans les années 1990, par des personnalités comme Edmond Baudoin, Baru, Farid Boudjellal, Jean-Claude Denis, Philippe Dupuy et Charles Berbérian, Marc-Antoine Mathieu, Etienne Davodeau, Jean-Philippe Stassen, Mazan ou Emmanuel Moynot.

Alors que la presse fût, pratiquement depuis ses origines, le support privilégié de publication pour la BD, c’est l’album (qui n’est plus obligatoirement cartonné et qui se présente sous des formats de plus en plus divers) qui a pris le dessus. D’ailleurs, même s’il y a de plus en plus de magazines généralistes qui proposent des BD, il n’y a plus que 28 véritables revues de BD distribuées en kiosques et maisons de la presse : Spirou, Le Journal de Mickey , Picsou Magazine et Super Géant , Mickey Parade , Witch, Kids’ Mania , J’aime la BD ! , Capsule Cosmique, Pif Gadget, Bugs Bunny Magazine et Poche, Cap’tain Swing !, Tchô , Lanfeust Mag , Fluide Glacial, Psikopat, L’Echo des Savanes, Bédé X S.M et Bédé Adult’, Ferraille, les gratuits Zoo et Pastek … Par contre, l’intérêt pour la BD est de plus en plus vivace comme le prouvent l’existence de 6 revues, diffusées en kiosques, qui parlent du 9 ème art : Bo Doï, Bande Dessinée Magazine (et son annuel L’Année de la BD ), Bédéka, Bang !, Comic Box (spécialisé dans les super-héros) et le récent BullDozer . Par ailleurs, d’autres magazines se vendent uniquement en librairies, comme les références que sont Hop ! et Le Collectionneur de Bandes dessinées ou les non moins indispensables L’Avis des Bulles, La Lettre, 9 e Art, Canal BD Magazine (doublé avec Le Magazine Album ), On a marché sur la bulle, PLG ou Scarce . Soit un total de 22 revues érudites qui actualisent les très nombreux ouvrages consacrés à la BD (il y en a eu 86 en 2004). Cependant, l’actualité de la BD se retrouve surtout sur les sites informatifs et non commerciaux d’Internet, lesquels sont de plus en plus performants et consultés. Parmi eux, citons bdselection.com, bdzoom.com, auracan.com , actuabd.com, bdparadisio.com (dont les fréquentations moyennes sont d’environ 60.000 visiteurs par mois), infosbd.com , labd.cndp.fr, 1001bd.com, planetebd.com, sceneario.com, toutenbd.com, bulledair.com, bdtresor.free.fr … Le Net, avec ses “chats”, blogs, forums, BD inédites, achats en ligne mais aussi, hélas, ses piratages, est devenu, aujourd’hui, le lieu où la bédéphilie s’exprime le plus.

Source d’inspiration pour d’autres formes d’art et de supports, la BD prend de plus en plus conscience de sa valeur. L’intérêt exponentiel des milieux audiovisuels est un facteur supplémentaire qui favorise sa légitimation, même si certaines adaptations filmées ne donne pas toute satisfaction. La BD est devenue un fantastique vivier de scénarios car l’évolution des technologies en facilite l’adaptation : de nombreuses scènes spectaculaires étaient, jusqu’à présent, difficilement transposables. L’arrivée, hélas pas toujours très convaincante pour le moment, de réalisateurs du 7 ème art (Beineix, Lautner, Lelouch…) comme scénaristes pour le 9 ème art est, peut-être, de bon augure pour ces fiançailles entre BD et ciné. On retrouve ce même engouement pour la BD dans les dessins animés, les jeux vidéos ou de société, les pièces de théâtre et le domaine musical : en effet, les accointances entre BD et musique sont de plus en plus fréquentes comme le prouvent les productions CD des éditions Nocturne , Naïve, Théloma ou Ici d’Ailleurs … Quant aux produits dérivés, leur exploitation prend une véritable tournure industrielle ; et il ne faut pas oublier le secteur publicitaire qui est de plus en plus friand d’images BD. Les exemples les plus frappants sont “ XIII ” pour la Française des Jeux, “ Titeuf ” pour Mac Donald, “ Le Chat ” pour La Caisse d’Epargne, “ Boule & Bill ” pour La Poste et surtout “ Largo Winch ” et “ Corto Maltese ” pour Dior car ces deux visuels ont touché plus gens que les précédentes campagnes réalisées avec Johnny Hallyday et Zinédine Zidane. Manifestement, les personnages de BD descendent dans la rue et re-dynamisent l’image de toutes sortes de produits : la BD, ça peut aussi rapporter gros !

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