Expo BD de Superman au Chat du Rabbin

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Cette exposition est la première en France à mettre en évidence la présence et le rôle de nombreux juifs dans la bande dessinée.

Articulée autour de cinq chapitres, elle nous transporte des années 1912-1930 à nos jours, de l’Amérique du Nord à l’Europe, à travers 230 œuvres (dessins originaux, planches imprimées et documents d’archives) issues d’une trentaine d’artistes qui ont contribué à leur manière à diffuser différentes visions du passé juif par le biais de la bande dessinée et essentiellement du roman graphique.

Le ghetto oublié (1914-1936) : du shtetl à la « métropole dévorante »

A cette époque, les artistes juifs, dans leurs comic trips, montrent l’immigrant pris dans les mécanismes transitoires de l’intégration sociale et culturelle dans cette métropole dévorante qu’est New York. Il est à noter que les personnages mêlent souvent la langue maternelle yiddish et la langue anglaise de la terre d’accueil.

« This is a job for Superman\ » : Justiciers et super-héros ( 1938-1979)

Vient ensuite les premiers super héros qui à l’origine sont dépourvus d’attributs ethniques ou religieux. Leur mission est de veiller à l’ordre du monde, à la défense de l’espèce humaine et au respect des valeurs universelles telles que le Bien et la Justice. Ce n’est qu’après la Shoah

que le thème du Golem nourrit la Bande dessinée fantastique. « Superman » de Shuster et Siegel, voit le jour en 1938 suivi par « Batman » de Bob Kane et Bill Finger en 1939 puis du « Captain America » de Jack Kirby et Joe Simon en 1940.

Will Eisner, pionnier du roman graphique

Will Eisner crée en 1936 le 1er atelier américain de Comic’s avec Samuel Jerry Iger « le Eisner & Iger Studio » où travailleront quelques-uns des plus grands noms du comic book : Bob Kane, Jack Kirby, Lou Fine et Mort Meskin. Dès 1940, il publie la série « The Spirit » qui marquera à jamais la bande dessinée américaine. A partir de 1978, il se lance dans les romans graphiques : « A contract with God » ( Un pacte avec Dieu) , « A life Force ( Jacob le cafard), \ »The Dreamer » ( le rêveur), « To the heart of the storm\ » ( Voyage au Coeur de la tempête) ; Fagin the Jaw ( Fagin le juif) et The plot ( le complot) sont ses 2 dernières œuvres.

Leur sujet principal : la narration romanesque et mémorielle de la culture et du quotidien des immigrants juifs de l’avant -guerre.

Mémoires américaines

A partir de 1950 et jusqu’à nos jours, plusieurs mouvements vont s’opposer. Il y a ceux qui font des recherches sur le passé et dont la narration mêle autobiographie et fiction ( Harvey Kurtzam, fondateur du magazine MAD en 1952, Joe Kubert ( Yossel), Miriam Katin ( On the radio, We are on our own), Bernice Eisenstein (I was a child of Holocaust survivors), Martin Lemelman ( Mendel’s daughter) ), ceux qui colportent une vision documentée et poétique de l’existence juive à New York comme Ben Katchor ( The Jew of New York) et le mouvement « Underground » contestataire, dépeint des anti-héros en proie à la complexité de l’existence comme Feiffer et les Unexpurgated memoirs of Bernard Mergendeiler ou encore American Splendor.

Le livre Maus d’Art Spiegelman paru en 1986 obtient le prix Pulitzer en 1992.

Cette période est celle de la rupture du silence et de la révélation des malentendus entre les survivants et leurs enfants.

Mémoires européennes

A la fin des années 1970, le récit graphique se développe en Europe et met à jour des périodes mal connues. Hugo Pratt avec ses héros Corto Maltese et Koinsky, mélange ses souvenirs d’enfance et sa passion pour la Kabbale.

En 1990, Vittorio Giardino rend hommage à l’engagement politique des juifs européens et évoque leur sort dans les pays soviétiques.

En France, Joann Sfar avec « Le petit monde du Golem, Le chat du rabbin, Klezmer,

Les olives noires » dramatise l’histoire et les traditions juives pour mieux les confronter au présent.

De nombreux comic books et bandes dessinées cités au cours de l’exposition sont consultables sur place au grès de vos envies. Et le coin librairie est plus que bien achalandé !

Le tout dans un cadre magnifique, celui d’un ancien hôtel particulier du XVIIème siècle.

Du 17 octobre 2007 au 27 janvier 2008

Musée d’art et d’histoire du Judaïsme

Hôtel de Saint-Aignan

71, rue du Temple

75003 Paris

Accès, jours et horaires d’ouverture, tarifs et renseignements : www.mahj.org

En partenariat avec France Culture et les Inrockuptibles

Avec le soutien du Festival de la Bande dessinée d’Angoulême

Exposition co-produite par le MAHJ et le Joods Hisorisch Museum

 

 

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