Gotlib avec Gilles Verlant : Ma vie-en-vrac

Les critiques BD
  • Gilles Verlant & Gotlib
  • Flammarion ©

  • Jusqu’à maintenant on ne connaissait ce que pouvait être la vie de Gotlib que par un livre : j’existe, je me suis rencontré aux éditions Flammarion. Et encore sa vie, ce n’est pas complètement exacte puisque dans ce livre il se contente de conter son enfance de petit garçon Juif, que sa courageuse mère doit cacher, lui et sa sœur, dans un Paris occupé, puis ensuite en pleine campagne.

    L’énorme manque que de ne pas savoir les petits secrets de la vie de l’Auteur qui a su révéler bien des choses de la chose à plusieurs générations d’adolescents que nous avons tous été.

    Gotlib s’ouvre sans détournement à nous les lecteurs, il raconte et explique son parcours dans le monde de la BD, ses angoisses, ses succès et tout le reste, même le plus inavouable. Gilles Verlant a parfaitement réussi à faire la synthèse des propos de Gotlib et n’hésite pas à intervenir pour nous guider et nous donner toutes les explications qui peuvent être utiles pour comprendre les comportements ou les motivations de chaque protagoniste.

    Sa femme Claudie Gotlieb, Diament, Frédéric Jannin, Alain Chabat, Yves Frémion, et plein d’autres encore viennent tous ajouter leurs petites pierres, quitte à contester et à contredire les propos de Gotlib.

    Plus qu’une simple biographie consentie par l’auteur, c’est un rapport, un compte-rendu, un hommage post-vivatum, ou plus simplement un cadeau sans prix qu’offre Gotlib à ceux qui aiment l’homme ou son travail, peut être même les deux.

    De son passage à Vaillant, à son entrée fracassante et inoubliable dans Pilote, le magazine D’Astérix puis de celui qui s’amuse à réfléchir, de son amitié avec Goscinny qu’il a aimé comme un père, peut être en remplacement du vrai père qu’il a peu connu à cause d’un camp de la mort, de la honte. L’année 69 passe par là, la naissance de sa fille Ariane, les migraines, le travail acharné, la création de l’Echo des savanes puis de sa presque faillite qui donnera l’idée de Fluide Glaciale, célèbre mensuel qui donna et qui continue la possibilité à de nombreux auteurs de se faire leurs armes et de se faire connaître. On parle aussi du travail des autres, de Franquin, de cinéma, de Gai-Luron, des Dingodossiers, de la rubrique-a-brac, de Superdupont,

    et de bien d’autres choses encore.

    Gotlib ne dessine plus, mais comme il a produit en 20 ans ce que d’autres mettent 40 ans à faire, il a bien mérité de se reposer un peu et de profiter de son petit-fils Marius.

    Beaucoup de surprises vous attendent, car la vie et les fantasmes de celui qui éprouvait la morale avec des scènes sexys ou scatos

    bien osés à l’époque, face à la censure, n’est pas forcement ce que l’on pouvait croire. Non Gotlib n’est pas le mec salace et vulgaire qu’il pouvait bien vouloir faire paraître.

    C’est l’histoire d’un mec qui voulait se faire plaisir et faire rire les autres… De Coluche à Gotlib, rien ne les sépare, l’humour les rapproche.

    Il n’existe que peu d’hommes au talent indémodable.

    Franquin, Hergé, Greg, Goscinny,

    ont tous les quatre eut la mauvaise idée de partir trop tôt. Gotlib est avec nous, alors il faut en profiter. Rendez-lui hommage et lisez vite ce superbe ouvrage.

    Gotlib avec Gilles Verlant Ma-vie-en-vrac chez Flamarion, avec une préface de Eddy Mitchell et de Marius.

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