Jacques Martin, le dernier géant

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Jacques Martin, s’est éteint ce 21 janvier, à l’âge de 88 ans. Atteint de macula – une maladie des yeux – il ne dessinait plus depuis quelques années mais restait fidèle au poste et conservait la haute main sur les scénarios et scrutait avec attention le travail de ses mains de secours.

Né à Strasbourg en 1921, il est très tôt passionné par l’Histoire, il cultive en même temps le goût du dessin. Il passera sa jeunesse à approfondir ses connaissances et ses dons dans ces deux domaines.

Sa première œuvre est publiée en 1946. Durant trois années il va collaborer à diverses revues belges, s’éparpillant entre bandes dessinées et illustrations. Au moment où il s’apprête à éditer un journal pour jeunes est annoncée la sortie du Journal de Tintin. Renonçant à son projet, il pose sa candidature à Tintin et y  propose le personnage d’Alix qui va paraître pour la première fois le 16 septembre 1948. Trois épisodes vont vite s’enchaîner pour la plus grande joie des lecteurs. C’est alors que le dessinateur,  délaissant Rome et l’Antiquité, lance un nouvel héros : le journaliste Jacques Lefranc, ancré dans les années 50.

En 1953, avec ses collaborateurs, il intègre les studios Hergé. Cette période durera 19 années pendant lesquelles il va travailler sur divers épisodes de Tintin sans pourtant oublier ses propres personnages.

Redevenu son propre chef, son rythme va s’accélérer, 9 Alix et 4 Lefranc vont paraître alors qu’il crée Jhen et Arno, deux nouvelles séries.  La première se passe au Moyen-âge son héros est l’ami de Gilles de Rais alors que la seconde se déroule en pleine période napoléonienne. Infatigable et prolifique il va encore créer Orion dont les aventures se déroulent chez les Grecs, au temps de Périclès puis viendra Kéos qui évolue à l’époque des pharaons et enfin, en 2000 apparaît Loïs qui vit au XVIIe siècle.

Maitre incontesté de la bande dessinée historique Jacques Martin avait le souci du détail et de l’exactitude. Pas d’erreur, pas d’anachronisme, chez lui, tout est juste et précis. Mais il était avant tout un formidable raconteur d’histoires qui a su faire apprécier cette matière à de nombreux adolescents.

Avec Jacques Martin disparaît le dernier géant d’une génération d’auteurs qui sont à la base du développement  actuel de la bande dessinée.

Cependant, avec la mort du dessinateur, ses créations ne vont pas s’éteindre. Contrairement à d’autres qui ont interdit la reprise de leurs personnages, Jacques Martin a formé des successeurs et plusieurs projets sont en voie de réalisation. Alors Alix, Lefranc,  Jhen, Arno, Khéos, Orion, Loïs, à bientôt !

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