La princesse du soleil invincible

Les critiques BD

219 après J.-C. Macrin qui avait fait assassiner Caracalla pour s’emparer du trône est, à son tour, assassiné. Commandité par Julia Maesa, la tante de Caracalla, ce meurtre a pour but de remettre l’ancienne famille impériale au pouvoir en faisant couronner Héliogabale, son petit-fils. Le nouvel empereur est jeune, à peine 14 ans, il est beau comme un dieu ! Acclamé par le peuple qui espère un retour au calme, il séduit aussi les légions en augmentant leurs soldes. Mais l’empereur a une famille, outre une grand-mère ambitieuse et une tante calculatrice qui mène un jeu personnel, Héliogabale a aussi une mère qui –auparavant– l’a fait nommer grand-prêtre du culte de la Pierre noire qu’elle entend imposer à Rome…


Loin des clichés laissés par Astérix, voici venir Rome, capitale du monde et mère de tous les excès. Le temps austère de la République ou des bâtisseurs de l’empire est loin. Rome s’adonne aux plaisirs ! Entre des bacchanales échevelées, l’adoration de la Pierre Noire, les mariages incongrus de l’empereur avec un athlète du cirque et une vestale consacrée, Héliogabale enchaine les erreurs. Des fautes qui vont définitivement aliéner un Sénat jaloux de ses prérogatives, d’autant plus que Julia Maesa (horreur, une femme) exerce la réalité du pouvoir.


Un album sur une Rome décadente avec des images violentes, érotiques, parfois limite pornographiques mais très justes dans le ton et le rendu de l’époque. Avec pour maître un enfant fragile, tyrannique et vulnérable, dominé par un entourage féminin assoiffé de pouvoir et désireux de révolutionner l’empire, cela ne peut qu’aller mal. Du sexe, du sang, de l’or et des dieux tous les ingrédients du pouvoir sont là. Mais le dosage n’est pas bon. Idéal pour redécouvrir une période mal connue de l’histoire.


Reines de sang – Les trois Julia, tome 2 : La princesse du soleil invincible, Luca Blengino et Antonio Sarchione. Editions Delcourt, 56 pages, 14,95 euros.

?>