Mes moires de Jean-Pierre Dionnet avec Christophe Quillien

Les critiques BD

Dans le domaine qui nous réunit, Monsieur Dionnet fut un des Humanoïdes Associés et le rédacteur-en chef du prestigieux Métal Hurlant, une revue principalement tournée vers la science-fiction et le fantastique à ses débuts, qui évolua ensuite pour s’attaquer à tous les genres : policier, aventure, humour et rock. Cette revue vit l’émergence de Moebius, alter égo du célèbre dessinateur de l’excellent western Blueberry, mais elle vit aussi apparaître des auteurs aussi différents que Chaland, Margerin, Serge Clerc, sans parler des nombreux importés, comme l’américain Corben ou les Brésiliens Macédo et Voss. Dionnet évoque donc ses souvenirs très riches en rencontres mémorables, d’autant plus qu’après cette expérience de presse, il embraya vers la télévision (« L’Impeccable » et « Sex Machine » avec Philippe Manoeuvre), avant de se consacrer à la réhabilitation du cinéma de quartier et à la promotion du cinéma asiatique. Cela se lit comme un roman, et c’est passionnant !

Mes moires de Jean-Pierre Dionnet avec Christophe Quillien Hors collection, 400 p. n & b, 19 euro

En 1975, un magazine de bande dessinée fait une entrée remarquée dans les kiosques. Son nom ? Métal hurlant. Il est fondé par quatre mousquetaires nommés Jean-Pierre Dionnet, Philippe Druillet, Bernard Farkas et Jean Giraud/Moebius qui prennent le nom d' »Humanoïdes associés ».
« Métal » révolutionne le paysage du neuvième art, inocule le virus de la science-fiction à toute une génération et invente la BD rock, avant de conquérir l’Amérique sous le titre de Heavy Metal.

Infatigable découvreur de talents, éditeur de BD et de romans sous le label Les Humanoïdes associés, doté d’une culture encyclopédique et d’une capacité à trouver deux idées (minimum) à la minute, Jean-Pierre Dionnet est le rédacteur en chef inspiré de Métal hurlant, tout en poursuivant une oeuvre de scénariste pour Enki Bilal, Raymond Poïvet, Jean Solé, Jean-Claude Gal ou encore Beb Deum.

Mais sa carrière ne s’arrête pas là. À la télévision, il lance les émissions L’Impeccable et Sex Machine avec son complice d’alors Philippe Manoeuvre, dans le cadre des Enfants du rock sur Antenne 2. Sur Canal +, il rend hommage au cinéma populaire dans Cinéma de quartier et aux classiques du cinéma d’horreur dans Quartier interdit.
Puis il fonde une société de production, Des Films, qui contribue grandement à faire découvrir en France le cinéma asiatique.

Dans son autobiographie, Jean-Pierre Dionnet ne fait pas qu’évoquer ses souvenirs, accompagnés d’anecdotes savoureuses et de portraits sensibles de tous ceux qu’il a croisés, de René Goscinny à Moebius (son ami), de Serge Gainsbourg à Richard Widmark ou de Federico Fellini à… Michael Jackson. Il se livre aussi à un plaidoyer passionné en faveur de tous ces arts longtemps qualifiés de mineurs et qui occupent enfin une place centrale dans la culture d’aujourd’hui.

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