Message d\’Alain Lerman

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Chers Amis,

Dans mon dernier message du mois de mai, je vous disais que nous étions toujours en pourparlers avec Moulinsart au sujet de la Couverture du livre et d’autres petites choses.

Aussi, avant d’en arriver au cœur du sujet de ce jour, je vais faire un bref rappel des -tristes- évènements.

Vous vous en souvenez probablement… Après m’avoir accordé en 2005 un accord de principe au vu du rough et de la maquette de couve, les gens de Moulinsart, en possession de la maquette définitive de la couve (identique au crayonné fourni à Fanny Rodwell en 2005, hormis la mise en couleur) dès le 20 novembre 2006, ont bien attendu que l’année 2007 soit entamée pour, le 21 janvier, me faire savoir que la « nouvelle » ?! couve ne les satisfaisait pas. Parce-que pas assez dans « l’esprit de Hergé », pas assez « ligne claire »…

Sur ce, ils exigeaient de faire refaire la couve par leur studio graphique, en me facturant la prestation au passage…

Ils exigeaient ensuite d’avoir communication de toutes les informations relatives au livre afin, selon leurs dires, de pouvoir établir un protocole que je devrais signer. Mais sans avoir le droit d’avoir au préalable un projet dudit protocole pour savoir à quoi je devais m’engager…

Enfin, et en préalable à toute « négociation », ils exigeaient que je leur expédie à Bruxelles, sans aucun contrôle de ma part, la maquette intégrale…

Dixit les conseillers juridiques de Moulinsart, pour que le chef du studio graphique puisse la feuilleter et se faire une idée du bouquin…

Je trouvais cette démarche éminemment suspecte car le titre et le descriptif du bouquin étaient suffisamment parlant pour qu’un professionnel puisse réaliser un projet de couve sans avoir à le parcourir…

Bref, comme je leur avais dit qu’il était hors de question que je leur envoie la maquette à libre disposition, mais pour garder une ligne de compromis, nous avions convenu d’un rendez-vous à Bruxelles où nous leur amènerions la maquette afin qu’ils puissent la consulter pendant deux jours (18 & 21 mai).

Ceci fait, la récupération de cette maquette fut une redoutable épreuve de force, à la limite de faire intervenir un huissier, pour refus de me restituer mon bien avant de l’avoir entièrement lu !

Ils voulaient même, au départ, en faire des photocopies sauvages, sans m’en parler bien sûr, ainsi qu’il me l’a clairement été dit au téléphone par un tiers de ladite société, mais la masse du bouquin (680 pages) les en a dissuadé.

Quand on entend le sieur Rodwell annoncer urbi et orbi qu’il ne fait que défendre la propriété intellectuelle de Hergé, on reste rêveur (Cf. Le texte ci-joint repris in extenso) :

« « Droit de réponse de la société Moulinsart

Nouvel Obs N ° 2212 LA GUERRE DES HÉRITIERS

Mis en cause dans un article intitulé « Lacan, Hugo, Hergé, Saint-Ex… La Guerre des héritiers » ( pp. 98, 99 et 100, « le N. O. » du 29 mars 2007 ), la société Moulinsart et Fanny Rodwell, ayants droit du dessinateur Hergé, entendent apporter la réponse suivante : Afin d\’illustrer le propos selon lequel de« grandes oeuvres intellectuelles sont parfois malmenées par les descendants » de leurs auteurs, l\’article affirme que la société Moulinsart ( désignée à tort par « Fondation Moulinsart ») serait une « machine à cash et à récrire l\’histoire », les « héritiers » d\’Hergé battant « monnaie à l\’effigie d\’Hergé jusqu\’à ce que le filon tombe dans le domaine public » . Contrairement à ce qui est ainsi prétendu, la société Moulinsart exploite les droits dérivés de l\’oeuvre d\’Hergé en complète harmonie avec l\’intégrité et le respect de l\’oeuvre et s\’est toujours attachée au développement d\’une meilleure connaissance de l\’oeuvre de son auteur. Loin d\’exploiter un quelconque « filon » de manière intensive, elle limite au contraire le nombre d\’exploitations à celles de qualité, tout en veillant à ce que certaines, comme les adaptations audiovisuelles, par exemple, puissent avoir une large diffusion auprès du grand public.

Nick Rodwell (administrateur de la société Moulinsart) et Mme Fanny Rodwell » »

On peut évidemment épiloguer longuement sur les dires et les faits de Moulinsart et du sieur Rodwell…

Bref, comme les oukases de ce triste sire étaient inadmissibles et ses méthodes dignes de la Gestapo ou de l’Inquisition, j’ai rompu tout contact.

Mais, après cela, et afin de ne pas risquer le procès dont cet aimable monsieur me menaçait personnellement au téléphone (conversation d’une minute et demie de laquelle il ressort entre autres que « sans Hergé, il n’y aurait jamais eu de Journal Tintin ?!… » »), ne nous restait plus qu’à supprimer du bouquin la cinquantaine de couves « attribuées » à Hergé (même celles dont on sait pertinemment qu’elles ne sont pas de lui, mais qu’il se les est appropriées…) et, surtout, à supprimer le mot ‘tintin’ du titre. Même si l’on sait tous que Moulinsart n’a aucun droit de propriété sur le Journal Tintin, ni sur son titre, et qu’il n’en aura jamais !!!

Et c’est là que les choses ont commencé à se gâter.

Le partenaire financier, soucieux d’avoir un retour sur investissement qui ne dure pas des lustres, voit d’un très mauvais œil cette émasculation qui fait perdre 90% de la lisibilité au titre et donc, sur les ventes à venir.

Ceci, lié au fait que nous ne pouvons diffuser que par le biais de la correspondance et du bouche-à-oreilles l’a conduit à surseoir sine die à la sortie du bouquin qui ne sera donc pas publié, au moins en 2007.

Et attend de voir ce que donnera 2008 pour prendre une décision et pour investir les fonds nécessaires.

Les choses sont donc claires aujourd’hui et je le regrette tout autant, si ce n’est plus, que vous, car, après les 7 années passées à l’écrire et à rassembler les documents, puis les 2 années suivantes passées à me battre contre des moulins à vents pour essayer de faire publier ce livre, il est toujours navrant de devoir s’avouer battu par des minus habens qui font du tort à tous, même à eux.

Je ne désespère pourtant pas. Peut-être 2008 sera-t-elle en effet une année d’illumination pour Rodwell and Co, et une année plus porteuse et moins problématique. Je le souhaite, non tant pour moi que pour vous tous, passionnés, qui attendiez ce livre ultime sur le Journal Tintin.

Je vais par ailleurs rédiger un papier circonstancié sur toute cette -déplorable- affaire et sur des agissements peu orthodoxes, au moins en ce qui me concerne.

Car, même si, personnellement, je ne perds rien ou presque en cette affaire hormis un peu d’orgueil à avoir promis un livre que je ne suis pas en mesure de faire publier, tous les passionnés et collectionneurs en sont les grands perdants du fait de tels agissements parfaitement haïssables et condamnables.

Ceci étant dit, je vais donc détruire tous vos chèques car, pour certains, la date de validité approche à grands pas. Et il n’est pas normal que je les garde encore, pour le cas où.

Restera le problème de ceux, rares, qui m’ont réglé par virement ou en espèces, et que je vais contacter nommément dans les prochains jours pour avoir leurs coordonnées bancaires en vue du retour des fonds qu’ils m’avaient confiés.

J’archive précieusement vos coordonnées pour revenir vers vous lorsque -et uniquement dans ce cas- le livre sera vraiment sur le point d’être imprimé, si ce jour finit par arriver. Ce que j’espère de tout cœur.

Et peut-être serez-vous encore intéressés à vous procurer cette Encyclopédie du Journal Tintin.

Toutes mes excuses pour vous avoir fait miroiter la sortie d’un livre très (trop) bien documenté sur le Journal Tintin et vous avoir fait attendre si longtemps pour rien.

Cordialement à tous qui m’avez gardé votre confiance et m’avez tant aidé dans mes recherches et pour conserver le moral.

Je vous prie de m’excuser aussi pour ce long laïus explicatif, mais il fallait que les choses soient dites.

Je vous dis à bientôt,

Alain Lerman

P.S. : Je ne manquerai pas de rester en contact pour vous tenir au courant d’éventuels mieux dans la situation du malade. La situation est grave, mais pas désespérée car ce livre étant le seul et le dernier qui sera-aura été fait sur le Journal Tintin, rien n’empêche à ce qu’il soit publié en 2008, voire en 2009, ou même avant si le vent tourne favorablement… Les marins en savent quelque chose !

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