Milan K

Les dossiers BD

Paru en
septembre 2009
56 pages
22,5 x 29,7 cm
couleur
EAN : 9782731622539
10.95 €
20.20 CHF

Être le fils d’un milliardaire russe, et surtout son ultime héritier, peut s’avérer très dangereux.

Micha Khodorov va en faire l’amère expérience, après que l’avion de sa famille ait explosé en vol, et que son père se soit « suicidé » dans la prison où le pouvoir l’avait jeté. Pour survivre, il va lui falloir accepter de tout perdre. Et devenir un fugitif, traqué par l’un des hommes les plus puissants du monde, avec pour seul rempart le dernier fidèle, un simple garde du corps…

Action et suspense pimentent ce récit dont l’intrigue nous plonge au coeur des enjeux politiques et financiers internationaux du monde contemporain.  Dans sa lutte pour survivre, Micha Khodorov, alias Milan K., va devoir faire face à d’amères et douloureuses vérités,  et trouver la force d’assumer, envers et contre tout, un destin hors du commun.

UNIVERS

univers1Milan_defaultbodyC’est dans le monde d’aujourd’hui que se situe l’action de ce premier tome de la saga « Milan K. », dont l’intrigue plonge ses racines dans l’actualité économique et politique mondiale.
Prolongement fictionnel au destin de Mikhaïl Khodorkovski, cet oligarque russe dont la chute  et l’emprisonnement font couler beaucoup d’encre – en mettant notamment en lumière certaines pratiques du pouvoir russe -, ce récit met en scène un jeune homme que son identité condamne aux yeux du pouvoir politique de son pays.

 

 

 

 

Force de la fiction oblige, notre héros devient la cible d’un adversaire puissant, face auquel il incarne la figure de l’individu isolé et désarmé, en butte à une machine implacable… Seuls son intelligence, son instinct de survie et sa rapidité pourront – peut-être – le sauver.
univers2Milan_defaultbody« Milan K. » relate aussi la quête d’un jeune homme, que rien ne préparait à devoir se débattre dans les duretés d’une vie pauvre, obscure, et de surcroît menacée. Il doit apprendre à se débrouiller seul, à interpréter les signes que son père lui a laissés pour l’aider à sortir de la misère, et à récupérer son identité. Ce faisant, Micha va œuvrer pour réhabiliter un père idéalisé et rendre justice à sa famille. Ce qu’il découvrira ne lui plaira pas, tant son expérience aura forgé en lui des valeurs différentes de celles qu’il avait connues étant enfant.

 

 

 

 

Servie par le dessin réaliste et précis de Corentin, qui sait donner corps, avec une maîtrise graphique étonnante, aux personnages et aux décors imaginés par Sam Timel, l’histoire de « Milan K. » nous entraîne de Moscou aux rives du Lac Léman, puis à Los Angeles et New York. Aux scènes d’action, impressionnantes, succèdent les épisodes plus intimistes, que Corentin sait rendre avec la même intensité. Action, suspense et trahisons jalonnent ce récit aux rebondissements multiples. Chaque épisode de la série recèle son intrigue propre, tout en apportant un éclairage nouveau sur la destinée de Micha, alias Milan K.

PERSONNAGES

Micha Khodorov

P-MILAN_defaultbodyFils du richissime oligarque russe Andreï Khodorov, il est l’unique survivant de sa famille, liquidée sur ordre du Kremlin. Héritier d’un empire énergétique et financier de près de 90 milliards de Dollars, il doit se cacher pour échapper aux services spéciaux russes, tandis que sa fortune tombe aux mains du Président Paline.

 

 

 

 

Igor

P-IGOR_defaultbodyGarde du corps d’Andreï Khodorov, il est devenu celui de Micha depuis l’arrestation de son père. Il organise la fuite de Micha lorsqu’il comprend que sa famille a été tuée, et continue d’assurer sa protection lors de leur exil américain. Micha, qui n’a plus que lui, le considère comme son père adoptif.

 

 

 

 

Andreï Kodorov

P-ANDREI_K_defaultbodyOligarque russe en butte avec le pouvoir de son pays, qui le juge trop puissant à son goût, il est emprisonné pour fraude fiscale cinq ans durant, dans l’attente d’un procès qui ne viendra jamais. On le retrouve « suicidé » dans sa cellule.

 

 

 

 

Vladimir Paline

P-VLAD-PALINE_defaultbodyPrésident de la Russie, il est aussi l’adversaire le plus acharné d’Andreï Khodorov, et par extension de sa famille, dont il ordonne l’assassinat. Secondé par un mystérieux « conseiller », il organise la captation de la fortune de l’oligarque déchu, et n’hésite pas à mettre des moyens démesurés pour tuer celui qu’il soupçonne d’être le dernier héritier Khodorov.

 

 

 

LES AUTEURS

Sam Timel

SamTimelWeb_Petit-profil_defaultbodySam Timel est le pseudonyme d’un auteur américain dont « Milan K. » est la première expérience dans le monde de la bande dessinée européenne.

 

 

 

 

 

 

Corentin

CorentinWebPetit-profil_defaultbody

Né à Paris en 1983, Corentin entre a l’École Supérieure des Arts Décoratifs en 2002.

Il travaille à la couleur de la série « Shimon de Samarie » de 2004 à 2008, et publie également une histoire courte « 21 contre 1 » dans le magazine Métal Hurlant en 2004.

Le Prix de la survie est son premier album de bande dessinée.

 

 

 

 

MAKING OF

 

Comment je suis devenu dessinateur de bd

21 août 2009 par « Corentin « 

Mon père, Michel Rouge, est dessinateur donc j’ai commencé à dessiner très tôt. Il ne m’a mis aucune pression, d’ailleurs il ne voyait pas ça d’un œil sérieux jusqu’à ce que j’aie un certain âge et que je commence à l’aider, sur les couleurs ou des crayonnés.

À l’école, j’étais en section animation, mais je n’aime pas le dessin pour le dessin, ce que je préfère c’est raconter des histoires. Je ne cherchais pas du tout à me spécialiser dans la BD, j’étais curieux de cinéma, et j’ai beaucoup travaillé pour l’animation. En dernière année je devais monter un projet et j’ai fait un court métrage d’animation sur James Dean. J’ai eu des bons retours dessus; l’école l’a projeté avec ceux d’autres élèves dans quelques festivals de courts-métrages et il a reçu un prix en Angleterre. Ce genre de travail m’a appris d’autres façons de réaliser, l’école m’a aidé en quelque sorte à ne pas rester « cantonné » à la BD. Je ne cherchais pas spécialement à me faire éditer, j’ai eu cette chance d’avoir toujours été plus ou moins dans le milieu, j’avais déjà eu l’occasion de montrer mes dessins à des auteurs ou à des éditeurs. Je n’étais pas du tout dans la dynamique d’aller frapper aux portes, d’autant que je n’étais pas pressé de commencer, car je sais que la BD, pour rentrer dedans, il ne faut faire que ça. Je voyais justement mon père ne faire que ça et moi je m’intéressais à d’autres domaines aussi.

La naissance d’un album

23 août 2009 par « Corentin « 

Les Humanos m’ont fourni le script complet du tome 1. Nous étions en juin 2008, mais j’ai vraiment commencé sérieusement à travailler à partir de septembre. J’ai rendu toutes les planches en couleurs fin juillet 2009, il m’a donc fallu à peu près 10 mois pour réaliser l’album. Je suis allé voir François Boucq (« Bouncer ») plusieurs fois à Lille pour bénéficier de ses conseils. Il m’a principalement aidé pour des retouches de mise en scène, quand je ne savais pas trop comment retranscrire telle ou telle  action. C’était incroyable de le voir travailler, il va vraiment très vite. Pendant le temps de mon travail, lui a dû faire deux ou trois albums ! Car lui, il fait un crayonné très vague puis il encre directement ! Et c’est génial car c’est le problème du crayonné préalable : au moment de l’encrage, il ne faut pas repasser le crayon au millimètre car cela donne un trait trop étriqué, trop timide. Il faut réussir à faire un trait naturel. Je me suis acheté les même pinceaux que lui du coup, qui sont beaucoup plus durs que ceux que j’utilisais, assez secs, et qui ont changé mon trait. En le voyant travailler, par mimétisme, ça m’a fait évoluer.

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Un work in progress d’une planche de Milan K

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Un encrage de Boucq : la 4ème planche de Bouncer tome 7 (album prévu pour la fin de l’année)

La création de Milan K.

Si chez Boucq tout tombe parfaitement sous son pinceau, moi je fais encore beaucoup d’étapes.

Le scénario m’était livré avec un découpage page par page, avec les dialogues, comme un script de cinéma. De là, j’ai travaillé en 4 étapes :

– D’abord je faisais un storyboard : je décidais le découpage case par case, comme ce dialogue-ci en case une, et je faisais toutes les cases sans penser à la page (par exemple, quand le personnage saute, ce serait mieux une case verticale). Et après seulement je réunissais les cases pour les agencer dans une page. Dans la BD, on a cette liberté de cadrage. Dans le même temps je faisais toute ma recherche de documentation.

– Ensuite je photocopiais la page en agrandissant d’un tiers, et je re-décalquais mes dessins en ajoutant des détails au crayon, sur un papier plus épais.

– Puis j’encrais la planche.

– Et enfin je la scannais et je la coloriais numériquement.

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Au final, une page c’est 4 jours de travail, un pour chaque étape : le board, le crayonné, l’encrage et les couleurs.

C’est dur de ne pas se laisser rattraper par le dessin, car on rentre dedans et on a envie de se faire plaisir. Or avant d’être beau, un dessin doit être efficace, au niveau de la narration. C’est la première règle.

Dans mon dessin, j’ai suivi l’ordre de l’histoire, mais j’ai coupé le travail en deux, au moment de l’arrivée de Micha et Igor à L.A. J’ai fait tout le crayon puis l’encrage des 23 premières planches, puis j’ai fait l’autre moitié. C’est important de faire beaucoup de pages d’un coup, pour les détails : si tu dessines un objet et que l’action se déroule au même endroit sur plusieurs pages, il ne faut pas oublier de le dessiner à chaque fois qu’il doit apparaître.

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Pour les couleurs, je les faisais séquence par séquence : toutes les pages où l’action est à Moscou, puis toutes celles qui se passent en Suisse, pour être sur de retrouver les mêmes tons. Quand je travaillais pour mon père, je faisais par exemple 10 pages puis plus tard 10 autres. Pour Milan K. j’ai mis en couleurs les 54 pages d’une traite ; c’était très long.

Si évident, et pourtant!

Le plus dur a été de représenter le monde contemporain.

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Les rues, les voitures etc. c’est horrible à dessiner. Je ne m’amuse pas quand je dessine l’intérieur d’une boulangerie, je préfère dessiner des arbres ou des décors un peu spéciaux, comme des souterrains par exemple, des ambiances différentes. Ce n’est pas très sensuel de faire des immeubles en verre. New York dans le tome 2 ça va être difficile, enfin sauf certains vieux quartiers. J’aime bien quand c’est cassé, un peu sali. Ce n’est pas une question de temps, j’en passe autant sur le dessin, mais il faut que ce soit drôle car tu passes la journée entière sur ta planche ! Personne n’aime se taper une voiture avec tous les détails.

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C’est un travail très fastidieux, et qui demande une précision incroyable : tout le monde connaît la hauteur d’un panneau de circulation, ou d’un plot qui indique des travaux, si tu le fais 10cm trop haut, c’est raté, ça se voit tout de suite. Alors que si tu dessines un western et que ta maison fait 2 mètres de plus ou de moins, ce n’est pas grave parce que le lecteur n’en voit jamais, il ne s’en rend pas compte. Dans un album pareil, on ne doit pas être lyrique, et c’est tout ça qui n’est pas très drôle. Mais il faut dire aussi que je suis très perfectionniste.

Les reconnaissez-vous?

Pour les décors, je ne me suis pas déplacé du tout, j’utilisais des références photo. Pour L.A., les Humanos avaient quelqu’un sur place qui m’a envoyé tout un dossier de photos. Tout ce qui est dessiné, c’est ce qui existe. Les poubelles sont vraiment comme ça à L.A !

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Je réunissais plusieurs vues de maison par exemple, et à partir de là je recréais tout un quartier. J’ai réuni pas mal de documentation sur les armes, les véhicules…

Les personnages sont souvent inspirés de la réalité ou de films que j’aime. Igor c’est le champion de Free Fight russe Fedor Emelianenko. Je trouve qu’il a une bonne tête de nounours !

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Fedor Emelianenko

Paline, c’est un mix entre Poutine et l’acteur Louis Jouvet, dont j’aimais le visage très sec.

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Vladimir Poutine

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Louis Jouvet, acteur français des années 30-40

Le vieux M. Gorski qui  démasque Micha, c’est le parrain de la mafia russe dans Les promesses de l’ombre. On aperçoit même Vincent Cassel en bas de page.

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Vincent Cassel

Les photos ce sont des béquilles, c’est une sécurité, mais à un moment le but c’est de s’en détacher. Mais ce n’est pas simple car c’est le monde contemporain, il faut une grande précision. Un type au volant d’un Hummer, il va avoir une attitude différente de celui au volant d’une 4L, et ça ce sont des choses que tu ne peux pas imaginer librement.

 

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