Ô vieillesse ennemie

Les critiques BD

2056. Stéphane et Nadège, son épouse, sont un couple de petit vieux bien ordinaire. A plus de quatre-vingt ans, ils font parti de ces parasites de la société et « les gens en ont marre de croiser des vieux partout, qui coûtent une fortune, qui ne rapportent rien… »

Mais le gouvernement français, sous la présidence énergique du président Mohamed-Maréchal Le Pen a su prendre des mesures énergiques de salubrité publique en imposant l’euthanasie obligatoire pour les plus de 80 ans en fin de droits.

La fin des droits, c’est justement ce qui attend Stéphane dont les derniers examens médicaux ont décelé des traces de nicotine dans les urines. Résultats : radié de la mutuelle avec informations communiquées à la Sécu, à la Caisse de retraite et au Ministère de l’intérieur, Stéphane dispose de 48 heures pour se présenter au Commissariat le plus proche qui fera procéder à son euthanasie (dans le plus grand respect des droits humains) à défaut de se présenter, il serait considéré comme illégal et son fils perdrait son droit à hériter de lui. Mais Stéphane n’a pas envie de passer l’arme à gauche. Il lui reste une option, dangereuse mais ne rien faire serait mortel (et zut pour son fils) : la fuite chez les Néo-ruraux. Mais il y a un prix à payer et ce n’est pas donné !

Mixant la BD franco-belge et l’efficacité du manga, les auteurs nous assènent une trilogie dont le rythme soutenu (3 volumes en un an) accentue encore le côté violent et inhumain. Un aspect bien mis en évidence par les jeux du cirque où, avec un humour noir et grinçant, s’affrontent (déambulateurs, prothèses et dentiers en état de marche) les gladiateurs du quatrième âge. Une fresque d’anticipation sociétale corrosive et jubilatoire sur la vieillesse avec une question : quel monde voulons nous pour demain et à quel prix ?


Octofight, tome 01 : Ô vieillesse ennemie, Chico Pacheco et Nicolas Junker. Collection Treize étrange, éditions Glénat, 128 pages, 12,90 euros.

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