Passions

Les critiques BD
  • Goossens
  • Fluide Glacial ©

  • Georges et Louis, romanciers en quête de révolutionner la littérature, se retrouvent à nouveau embarqués à la découverte, cette fois, du sentiment amoureux. Georges explique comment il adapte la version d’Autant en emporte le vent avec Raymond dans le rôle de Clark Gable et Raymonde dans celui de Scarlett O’hara. Cela donne les Bidoche de Gronet, dans une version crinoline et baiser longuet dans les décors des vieilles demeures du Sud. Non contents, les auteurs nous entrainent dans une variation au cœur de la jungle sauvage, avec les bébés couches-culottes. L’occasion de philosopher sur le sauvage et le civilisé, la couche-culotte qui maintient bien bébé, l’antifuite idéale. Le mari, l’amant, la pute, s’ensuit toute une réflexion sur la dame en bas de l’immeuble que notre héros aime éperdument. Il suffit de voler les sous dans le sac de mémé car la belle ne jure que par la monnaie sonnante et trébuchante dans son escarcelle. Nous sentons toute l’expérience requise pour traiter le sujet du mac et des dames de petite vertu. L’auteur a dû faire don de sa personne pour arriver à une telle vérité, comme nous pour vérifier ses dires ! L’album s’achève sur une réflexion autour du couple et de sa lassitude, le bon vieux mariage qui nous joue des tours.
    C’est avec plaisir que nous retrouvons les personnages et l’humour décalé un peu fou de Goossens. Moins trash qu’Edika, cité à un détour de page, derrière la galéjade il détient plus de vérité que de mensonge. L’auteur creuse le sujet, masquant sa réflexion sous le rire, comme d\’autres, les larmes. Que ce soit le sauvage, le couple en version monotone, les couches-culottes et leur texture idéale, les putes et l’amour. Il interroge sur le sentiment amoureux, la passion et la civilisation. La réflexion fait parfois mouche et touche à nos comportements amoureux, nos réactions face à l’aimée. Nous retrouvons les personnages au gros nez, les femmes à gros nénés, le travestissement, la maitrise du dessin dans une belle approche du corps. Goossens parsème aussi, comme le petit Poucet, son album de références que le lecteur s’amusera à retrouver au détour d’un mot, d’un dessin. Une belle balade loufoque au cœur de l’amour et de la passion, pas si conne que cela, en fin de compte.

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