Perico 1/2

Les critiques BD
  • Philippe Berthet Régis Hautière Dominique David
  • Dargaud ©

  • Joaquin, garçon à tout faire dans un grand hôtel cubain juste avant la montée de Castro et du Che, se retrouve à jouer les chaperons pour Elena de la Luz, la dernière acquisition de Santo Trafficante. Il compte bien s’en servir pour asseoir sa position auprès d’un certain Batista. Homme de main de la mafia, spécialiste du blanchiment d’argent, il ne fait pas bon mettre le nez dans les affaires du señor Santo. Personne ne reste indifférent au sourire et aux formes ravageuses d’Elena. Peu à peu comme tous les autres, le petit Joaquin en pince pour la belle et commence à rêver. Son vieux père handicapé le met bien en garde contre le gangster et sa créature, mais un frère sorti de l’ombre risque de chambouler l’équilibre. Carlos, révolutionnaire dans les troupes de Castro, demande un petit service à son jeune frère, le prévenir de l’arrivée d’une certaine personne à l’hôtel. Les pions se placent pour jouer la partie finale, celle de la vie qui dérape et compte les morts et les survivants. C’est une mallette compromettante, avec de quoi rêver et s’enfuir pour un jeune garçon amoureux et une jeune fille que la vie a rendue plus maligne. Elle lance les dés de la roulette russe où l’arme pourrait bien être chargée jusqu’à la gueule de l’enfer !
    Un premier tome intéressant où le dessin de Philippe Berthet, maitre du polar, déjà vu dans ses univers de roman noir avec le privé d’Hollywood de la grande époque. C’est donc avec plaisir que nous retrouvons l’art de croquer ces femmes qui vous enivrent et vous conduisent au bord du précipice. Il sait reproduire les ambiances des rues de Cuba ou les rayons d’un store dissimulant un personnage dans l’ombre. Ces détails créent une atmosphère particulière, un style reconnaissable, une patte Bethet que nous aimons beaucoup. Nous le sentons à l’aise dans le récit, voitures, scènes de violence, regards apeurés, amoureux, les femmes, il croque tout cela avec un véritable plaisir communicatif. Hautière tient son récit sans problème, même si celui-ci reste un des classiques de la littérature policière. Un peu moins en bande dessinée, peut-être un des récits du privé d’Hollywood jouait déjà sur ces femmes qui vous mènent par le bout du nez. La maitrise de l’histoire et le sens du suspense, comme du mélange des scènes, intimité et action, nous permettent d’oublier la chanson connue. C’est un premier album qui place l’action et peut-être comme pour d’autre sujets, la deuxième partie nous entrainera sur des territoires moins communs. C’est un premier album agréable qui vous donne envie d’en savoir plus.

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