Petite Flamme Menteuse

Non classé
  • Mandragore
  • Editions L\'Oeuf

  • Le jeune dandy Gabriel est bien mal en point.
    En effet, il n’est guère sérieux que de se promener dans les rues du Paris de la fin du XIXème siècle. Il a reçu un coup de couteau qui lui provoqué plus de 2 mois de sommeil. A son réveil, son état psychique est étrange, il court les fantômes du présent et du passé.
    Une jeune et très belle femme qui se prostitue dans les rues du vieux Paris, l’entraîne avec elle dans des quartiers qui n’existent plus que dans les vieux livres d’histoire.

    Un livre en noir et blanc, ou se déroule la poésie de l’Ame, de l’espérance, de la vie, de la mort.
    Entre réalité et rêve, l’auteur Mandragore, nous transporte dans une époque où la solitude règne en maître.
    La mort est présente, mais dans son aspect le plus calme, qui tente de faire son travail de faucheuse avec le plus de tendresse possible. S’endormir pour toujours, sans s’en rendre compte, sans souffrance ni douleurs, être mort sans même le savoir et continuer pourtant à exister.
    Un ouvrage à ouvrir et à lire dans le calme et la tranquillité de l’esprit.
    Admirable et céleste comme une histoire d’enfant pour adulte.

    ENTRETIEN AVEC L\’AUTEUR MANDRAGORE:

    – Dans le dyptique «La rue sans nom», «Petite Flamme Menteuse» est la suite de «Notre Dame de l’Oubli». Pourtant les deux livres sont très différents. Comment l’expliques-tu ?
    -Dans Notre Dame de l’oubli, l’intrigue se met en place ce qui fait que je ne me suis pas étendue sur la personnalité des protagonistes. En revanche dans Petite Flamme Menteuse, j’ai mis plus de soin à développer la psychologie des personnages. Par ailleurs en quatre ans, mon graphisme a évolué. Par exemple au coeur de l’album, je n’ai pas hésité à utiliser différents styles de dessin. Je considère que dans les souvenirs et les rêves, on ne voit pas les images de la même façon : parfois elles sont floues, parfois elles sont contrastées, parfois en couleur et d’autres fois en noir et blanc… Pour beaucoup d’éditeurs classiques, l’homogénéité du dessin est perçu comme une règle indépassable. Personnellement j’estime que les principes sont faits pour être remis en question.

    – Dans une case, tu reprends une linogravure de Félix Valloton…
    – J’avais déjà repris un travail de Félicien Rops dans Notre Dame de l’oubli. C’est un exercice de style intéressant. J’ai également voulu attirer l’attention du lecteur sur un artiste que j’apprécie et rendre hommage à ce dernier.

    – En choisissant d’écrire et dessiner une fiction onirique, as-tu voulu laisser au lecteur la liberté d’interprêter le rêve de Gabriel ?
    – J’ai effectivement laissé volontairement des silences et de l’ambiguité car je crois qu’une œuvre intéressante doit avoir plusieurs niveaux de lecture. J’avais cette intention dès le départ : l’un des deux personnages principaux, Ile, vit dans un fantasme. Ce n’est pas le cas de Gabriel, du moins jusqu’à ce qu’il se laisse entraîner par Ile et qu’il perde tous ses repères.

    – L’histoire promène le lecteur dans le Paris de la fin du XIXe. C’est un Paris imaginaire ou réaliste ?
    – Je n’ai pas réalisé un travail purement historique, car je ne recherche pas la précision. Mais je me suis tout de même documentée afin de créer un univers tangible, permettant d’attirer le lecteur dans une atmosphère onirique. Dans Petite Flamme Menteuse, Gabriel est issu d’un milieu bourgeois et Ile vit dans un milieu populaire. L’histoire permet de montrer au lecteur un Paris méconnu à travers les yeux de Gabriel. En fait, je me sens proche du réalisme poétique (qui a donné par exemple au cinéma Les enfants du paradis de Marcel Carné).

    tous droits réservés Editions L\’Oeuf – Mandragore – Mars 2006

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