Rapport 2009 de l’ABCD 2/2

Les dossiers BD

À l’inverse, le succès remporté à l’étranger par les romans graphiques, en librairie généraliste, permet de constater une forte activité de la bande dessinée francophoneà l’export.

 

* Réédition – Augmentation, tant sur le plan quantitatif que qualitatif, des nouvelles éditions et intégrales : 892, contre 821 en 2008, dont 177 œuvres datant de plus de 20 ans.

Si on regarde de plus près la production annuelle, on s’aperçoit que son augmentation est surtout due aux rééditions ; comme, en période de crise, les classiques sont rassurants et se vendent mieux, les éditeurs sécurisent ainsi les marges, le fonds éditorial étant rhabillé en nouveautés. Mais si cela leur coûte souvent moins cher que la création, les éditeurs mettent un point d’honneur à revaloriser leur patrimoine, avec tout le respect qui lui est dû, en multipliant les nouvelles éditions qualitatives, souvent augmentées d’un dossier, qui ont nécessité un travail de restauration (319 intégrales et 74 tirages de luxe sont parus cette année). Ainsi, nous avons eu droit, en 2009, à de belles mises en valeur d’œuvres oubliées ou peu connues des jeunes générations, de la part d’Actes Sud/L’An 2,L’Association, Audie, Casterman, Champaka, Cornélius, Dargaud, Delcourt, 12 bis, Dupuis, Futuropolis,Glénat, Lombard, Mosquito, Les Rêveurs, Soleil, Vents d’Ouest ou Vertige Graphic. À noter que cette tendance, qui apporte une véritable légitimité en terme d’image, est également présente chez les éditeurs de séries américaines ou asiatiques puisqu’on dénombre 116 rééditions de comics, 95 de mangas et 16 de manhwas.

Ceci dit, c’est surtout la nostalgie et la passion des responsables de toutes petites structures (se diffusant souvent par leurs propres moyens) qui permettent la survie d’œuvres d’auteurs classiques méconnus : un phénoménal travail de transmission réalisé par ABDL, Les Amis de Le Rallic, ANAF, Bague à Tel, Bleu et noir, Club de l’Audace, Club desAmis de Trubert, LeCoffre à BD, LeCousin Francis, L’Élan, Hexagom Comics, Hibou, Melmac, Pan Pan, Regards, Sangam, Taupinambour, Toth, Triomphe, Univers Comics, Vagabondages ou La Vache qui médite qui publient, à un nombre très réduit d’exemplaires, des récits qui, sans eux, seraient tombés dans l’oubli. Surtout que ces derniers sont rarement signalés dans les 75 livres écrits sur le 9e art (dont 35 monographies et 40 guides pratiques) de 2009 ! Remarquons aussi, à ce propos, les méritoires entreprises de certains sites du Net qui mettent en avant cette facette historique : bdoubliees.com, coconino-world.com, « Le Coin du patrimoine » sur bdzoom.com, pimpf.org, conchita.over-blog.net…

 

Ainsi, pourra, peut-être, être entretenue la mémoire des 13 personnalités francophones décédées en 2009 :

 

– Claude Moliterni : scénariste (“Scarlett Dream”, “Harry Chase”…), journaliste, historien du 9e art, organisateur de festivals (l’un des créateurs de celui d’Angoulême), directeur littéraire, fondateur de bdzoom.com

 

– Yves Duval : scénariste prolifique du journal Tintin (“Les Franvals”, “Howard Flynn”, “Doc Silver”, “Rataplan”…).

 

– Francisco Hidalgo : photographe et dessinateur d’origine espagnole ayant travaillé, sous le nom d’Yves Roy, pour Vaillant (“Bob Mallard”, “Teddy Ted”…) et la presse Fleurus (“Blason d’argent”…).

 

– Jean-Marie Brouyère : scénariste et dessinateur du journal Spirou (“Archie Cash”, “Al Alo”, “Aymone”…),

 

mais aussi Josette Baujot (coloriste en chef des studios Hergé), Vania Beauvais (responsable BD à France Soir), Manuel Frisano (fils de Pierre Frisano et dessinateur chez Bayard), Lem (alias Jacques Lemaire, dessinateur de presse auteur de quelques bandes dans L’Équipe etAventures), Claude Jacques Legrand (scénariste pour les petits formats des éditions Lug), Pol Vandromme (premier biographe d’Hergé), Martin Vaugh-James (peintre et dessinateur auteur du labyrinthe graphique qu’est “La Cage”), Thierry Jonquet (écrivain, auteur de polars et scénariste pour Jean-Christophe Chauzy), Jacques de Douhet (éphémère scénariste de “Buck Danny”)…

 

Au final, en cette année des 80 ans de “Tintin”, des 50 ans d’“Astérix”, de “Tanguy et Laverdure”, de “Barbe Rouge”, de “Clifton” ou de “Boule et Bill”, des 40 ans de “Rahan” ou de “Yakari” et de la commémoration des 20 ans de la disparition du scénariste Jean-Michel Charlier (avec le lancement d’une “Collection Jean-Michel Charlier” chez Sangam), 177 titres datant de plus de 20 ans (soit 4,92% des nouveautés, contre 201 et 5,6% en 2008) ont été édités en album pour la première fois. Et si l’on déduit ces 177 titres et les 1891 traductions, on s’aperçoit qu’il n’y a eu, en fait, que 1531 véritables nouvelles créations de bandes dessinées en Europe francophone (pour 1535 en 2008).

 

 

* Mobilisation – 1439 auteurs (1416 en 2008) tentent de vivre avec la bande dessinée, en Europe francophone, et certains d’entre eux sont mis à l’honneur dans les grands médias.

 

De plus en plus d’auteurs francophones sont présents sur le marché : en 2009, ils étaient 1396 à publier au moins un nouvel album, alors qu’ils sont 1439 (1416 en 2008) à vivre de ce mode d’expression : 160 sont des femmes, soit 11,12%- (151 et 10,66% en 2008), et 257 sont scénaristes sans être également dessinateurs, soit 17,86% (248 et 17,51% en 2008). Á ce nombre, il faut rajouter 106 coloristes professionnels qui se mobilisent pour valoriser leur métier et obtenir un vrai statut d’auteur. Pour survivre, la grande majorité de ces créateurs doit avoir au moins 3 albums disponibles au catalogue d’éditeurs bien diffusés et un contrat en cours, un emploi régulier dans la presse ou l’illustration jeunesse, ou alors accepter divers travaux dans d’autres domaines : les places étant de plus en plus rares et mal rétribuées. Une situation peu enviable qui met en exergue l’importance des combats syndicaux menés par le Groupement des auteurs de bande dessinée au sein du SNAC.

 

Heureusement, le va-et-vient entre les différents supports peut leur assurer une certaine visibilité dans les médias : les journalistes parlant du 9e art (avec plus ou moins d’importance, de régularité et de qualité dans les contenus) étant de plus en plus nombreux, quel que soit le support. La plupart d’entre eux sont réunis au sein de l’ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée) qui remet, tous les ans, le Grand Prix de la Critiqueà un album remarquable paru dans l’année ; en 2009, il a été décerné à “Dieu en personne” de Marc-Antoine Mathieu chez Delcourt (voir le site acbd.fr).

 

* Prépublication – Il n’y a plus que 64 revues spécialisées en bande dessinée (71 en 2008) : un déclin qui traduit les difficultés à se réformer pour ce secteur bien embouteillé.

Selon les résultats de l’enquête du ministère de la Culture et de la Communication sur « Les Pratiques culturelles des Français à l’ère numérique » dirigée par Olivier Donnat (ouvrage aux éditions La Découverte, en 2009), on n’aurait jamais autant lu qu’aujourd’hui… Mais l’ordinateur s’est substitué aux supports de connaissances et de loisirs traditionnels, au point que le sociologue parle désormais de « culture d’écran », ceci au détriment de la lecture sur papier et, particulièrement, de celle de la presse : d’où la nécessité, pour les éditeurs de magazines de prolonger leur lectorat sur le numérique et Internet en appliquant, eux aussi, le « média-mix » !

 

Quant à la presse de bande dessinée, dans ce secteur de la distribution en grande difficulté, elle souffre aussi de la concurrence de l’album…, et ceci depuis des années. Aujourd’hui, il n’y a plus que 14 magazines, diffusés en kiosques, qui proposent des créationsde bandes dessinées européennes (il y en avait 18 en 2008). Seuls quelques titres bien identifiables arrivent à maintenir leur lectorat dans un marché très difficile, particulièrement certaines revues pour enfants comme Le Journal de Mickey qui a fêté ses 75 ans avec son 3000ème n° (tirage moyen 185 000 ex.) et les autres revues éditées par Disney Hachette Presse (Super Picsou Géant avec 250 000 ex., Mickey Parade Géant avec 187 000 ex., Picsou Magazine avec 185 000 ex., Witch Magavec 170 000 ex., Winnie avec 153 000 ex., Bambi avec 68 000 ex., etc.), Spirou qui est même en légère progression depuis janvier (100 000 ex. au numéro, en moyenne),Tchô ! le journal de “Titeuf” (60 000 ex.) ou Lanfeust Mag (40 000) ; Pif Gadgetayant mis la clé sous la porte après la mise en liquidation judiciaire de sa société éditrice.

 

Le constat est le même en ce qui concerne les mensuels qui s’adressent à un large public adulte : tels Fluide Glacial avec 120 000 ex. au n° dont un 400ème au format XXL de 50 cm de haut sur 36 de large, L’Écho des Savanes avec 75 000 ex. ouPsikopat avec 35 000 ex.

 

Ce sont surtout les journaux principalement composés de licences qui ont le vent en poupe (dont 94% appartiennent au groupePanini, le principal éditeur de bandes dessinées en kiosquesen France, pour 90% en 2008) ! 8 d’entre euxproposent des bandes dessinées adaptées de dessins animés (Bugs Bunny, Scooby-Doo !, Titi & Grosminet, Tom & Jerry, My Little Pony…) et sont tirés entre 30 et 120 000 ex. au n°, alors que les 31 fascicules (il y en avait 26 en 2008) avec des comics américains super-héroïques se situent, eux, entre 15 000 et 35 000 ex. C’est le cas de ceux utilisant les marques Marvel désormais sous contrôle de la Walt Disney Company (Spider-Man, X-Men, Wolverine, Fantastic Four, Hulk, Dark Reign, Secret Invasion, Ultimates…) ou DC (Batman, Superman, Trinity…), comme de ceux édités par Delcourt (Spawn avec 19 500 ex. et Star Wars avec 29 000 ex.) : un lectorat passionné (des revues comme Comic Box, Scarce ou Strange, qui revient en kiosque, traitent exclusivement du sujet) et qui se renouvelle sans arrêt !

 

Comme les autres années, les revues sur les mangas (AnimeLand, Coyote, Dofus Mag, Hard Manga, Japan Life style, Made in Japan, Manga Kids, MK+, Maniak !, Planet Manga…) ont parfois des tirages bien plus importants, mais ces magazines se consacrent bien plus souvent à l’anime et aux jeux qu’à la bande dessinée.

 

N’oublions pas les 2 revues commentant l’actualité du 9e art diffusées dans le réseau presse ([dBD] et CaseMate avec des tirages « déclarés » de 22 000 ex. et 30 000 ex au n°) ou l’exceptionnel n° de Pilote qui fêtait ses 50 ans (tirage 100 000 ex.).En librairie, les revues de bédéphilie sont aussi de plus en plus rares. Il ne reste plus que 10 magazines érudits (ils étaient encore 11 en 2008) : L’Avis des Bulles,Comix Club, Gabriel, Hop !, Neuvième Art, On a marché sur la bulle, Papiers Nickelés et Pimpf Mag, sans oublier les gratuits qui sont les seuls à obtenir une certaine lisibilité et une totale diffusion : Zoo avec 82 000 ex., Le Magazine Albumet Canal BD Magazine avec 65 000 ex. et leur Manga Mag à 33 000 ex., ou les plus rares Le Strip et Comic Strip.

 

Quant aux 12 revues, publiant des bandes dessinées, diffusées partiellement en librairies (Be-Boy Magazine revue de manga yaoi éditée par Asuka, Blam !, Choco Creed, Chroma, Clafoutis, Dame Pipi Comix, Gorgonzola, In 8, Jade, Lapin, Patate douce ou Turkey Comix), elles dépassent rarement les 1000 exemplaires.

 

Si 395 albums ont été proposés en avant-première dans les magazines (soit 10,95% des nouveautés, contre 413 et 11,63% en 2008), si des revues prestigieuses comme Le Monde, L’Express ou Beaux Arts magazine sortent toujours des n° hors série plus ou moins opportuns et si le quotidien belge Le Soir continue de proposer des ventes couplées avec albums, au total, les revues publiant majoritairement de la bande dessinée ne sont plus que 64 (contre 71 en 2008) !

 

Aujourd’hui, c’est sur Internet que les amateurs vont chercher l’information souhaitée ! Il faut dire qu’ils ont à leur disposition 54 sites généralistes consacrés au 9e art (46 en 2008) qui sont de plus en plus consultés et bien documentés : à l’instar de actuabd.com,auracan.com, bdgest.com, bdselection.com, bdzoom.com,bodoi.info et labd.cndp.fr ; ou encore de 1001bd.com, bandedessinee.info, bande-dessinee.org, bdencre.com, bdetente.com, bdovore.com, bdtresor.net, bedeo.fr,blam.be, bruitdebulles.com, bulledair.com, clairdebulle.com, du9.org,expressbd.com, graphivore.be, krinein.com/bd, mundo-bd.fr, neuvieme-art.com, phylactu.fr, planetebd.com, sceneario.com, toutenbd.com, virus-bd.net, wartmag.com…, pour ne citer que les plus performants ; et sans oublier les webmagazines comme Trame 9 ou le nostalgique et passionné Période Rouge.

 

Quant à la création, elle est aussi bien présente dans le monde du Web et des réseaux sociaux (même si elle n’est pas encore toujours très bien rémunérée) grâce à la vivacité des auteurs : il existerait, aujourd’hui, près de 15 000 blogs ou webcomics de bande dessinée sur l’Internet.

 

* Optimisation – 99 séries (4 de plus qu’en 2008) ont bénéficié d’énormes mises en place et ont continué à se placer parmi les meilleures ventes, tous genres de livres confondus.

Nous l’avons déjà écrit, les séries développées sur plusieurs médiasse vendent mieux (d’où le renforcement des politiques de marques de la part des éditeurs). Et les valeurs sûres franco-belges  ne sont pas à la traîne car elle bénéficient, prioritairement, d’importantes campagnes de communication ou d’exploitation dérivées. Ainsi, en 2009, 99 sériesont ététirées à plus de 50 000 ex. (pour 95 l’an passé) et font l’essentiel du marché du secteur. D’après les chiffres communiqués par les éditeurs, il s’agit de :

 

– l’album exceptionnel pour les 50 ans d’“Astérix” créé par René Goscinny et Albert Uderzo (1 200 000 ex.).

 

– “Blake et Mortimer” de Jean Van Hamme, René Sterne et Chantal de Spiegeleer (500 000 ex.).

 

– l’album érotique “Happy Sex” de Zep (380 000 ex.).

 

– “Le Petit Spirou” de Tome et Janry (330 000 ex.).

 

– “Lanfeust Odyssey” de Christophe Arleston et Didier Tarquin (300 000 ex.).

 

– “Boule et Bill” de Laurent Verron, avec Cric et Pierre Veys (300 000 ex.).

 

– du retour des “Passagers du vent” de François Bourgeon (250 000 ex.).

 

– “XIII Mystery” de Corbeyran et Philippe Berthet (230 000 ex.).

 

– “Cédric” de Raoul Cauvin et Laudec (223 500 ex.).

 

– “Les Nombrils” de Maryse Dubuc et Delaf (220 200 ex.).

 

Viennent ensuite “Les Profs” d’Erroc et Pica, “Lou !” de Julien Neel ou “Jack Palmer” de René Pétillon (200 000 ex.), “Animal’Z” d’Enki Bilal (180 000 ex.), “Les Tuniques bleues” de Raoul Cauvin et Willy Lambil (163 500 ex.), “Trolls de Troy” de Christophe Arleston et Jean-Louis Mourier (160 000 ex.), “Tom-Tom et Nana” de Jacqueline Cohen et Bernadette Després, “Murena” de Jean Dufaux et Philippe Delaby, “Litteul Kévin” de Coyote ou une compilation écologique du “Gaston” d’André Franquin (150 000 ex.), “Les Schtroumpfs” du studio Peyo (140 000 ex.)…, et bien d’autres séries –souvent bien établies ou purs produits de marketing- qui font encore du 9e art l’un des secteurs de l’édition les plus dynamiques de 2009.

 

Du côté des mangas, il n’y a que 10 séries (publiées chez 5 éditeurs) quiassurent plus de 50% des ventes dans leur globalité : et c’est encore “Naruto” qui bat tous les records avec un tirage qui est monté à 250 000 ex. pour chaque nouveau tome (il y en a eu 6 en 2009) ! Heureusement, les autres leaders du secteur semblent se renouveler avec le 1er tome de “Soul Eater” tiré à 80 000 ex. (mais les 5 suivants ne l’ont été, pour l’instant, qu’entre 61 et 65 000), 5 volumes de “One Piece” (à 80 000 ex. chacun), 3 de “Fullmetal Alchemist” (76 000 ex.), 6 de “Fairy Tail” (70 000 ex.), l’ultime “Death Note” (un guide tiré à 65 000 ex.), 2 “Gunnm Last Order” (à 60 000 ex.), 2 “Nana” (à 55 000 ex.), 5 “Bleach” et 2 “Hunter x Hunter” (à 50 000 ex. chacun) ; sans parler du manga français “Dofus” (3 titres à 60 000 ex.) ou du fonds“Dragon Ball” qui cartonne toujours !

 

Afin de ne pas trop subir les conséquences du taux des retours (leur impact est important du fait de l’investissement initial plus élevé qu’en littérature générale) qui continuent d’augmenter, les éditeurs ajustent au mieux leurs frais, baissant les chiffres de tirages initiaux, quitte à réimprimer : les métiers de l’impression étant devenus particulièrement concurrentiels sur le plan international, cela coûte beaucoup moins cher qu’autrefois. Il en découle que le tirage moyen baisse donc une fois encore, l’écart n’en finissant pas de se creuser entre les « best-sellers » et le peloton des ventes moyennes !

 

Espérons simplement que le fait d’avoir sorti les principales locomotives du secteur sur les 4 derniers mois de l’année (66 titres sur 137), période où les éditeurs font le plus gros de leur chiffre d’affaires -l’album étant toujours considéré comme un cadeau idéal-, ne provoquera pas un télescopage de ces différents « blockbusters » ! D’autant plus que 1912 albums –soit 39,3% de la production annuelle (contre 1848 et 38,9% en 2008)- ont été mis en placeentreseptembre et décembre. Il en ressortque les diffuseurs et les distributeurs sont, plus que jamais, les maillons forts de la chaîne du livre ! Aussi, quand un éditeur possède sa propre structure de diffusion/distribution efficace dans les grandes surfaces (où l’on trouve facilement meilleures ventes et nouveautés, ouvrages privilégiés par le système actuel) -mais aussi dans les réseaux en pleine évolution que sont les FNAC, Virgin, Canal BD,Album…- ce qui est le cas de Média-Participations (avec DDL Diffusion), deCasterman (avec Flammarion Diffusion) ou de Delcourt et Soleil (Delsol), il est gagnant sur tous les fronts !

 

Notons enfin que l’importance du 9e art n’est pas qu’économique puisqu’il n’y a jamais eu autant de festivals, de spectacles et d’expositions dans de prestigieux espaces culturels (dont certains spécialisés comme le nouveau Musée National de la Bande Dessinée d’Angoulême ou le Musée Hergé à Louvain-la-Neuve), que les décorations et récompenses officielles se multiplient pour les auteurs méritants et que les responsables politiques de la Belgique ont même déclaré « 2009, année de la bande dessinée » sur le plan touristique : provoquant une dizaine d’expositions majeures réparties tout au long de l’année ! Une reconnaissance et une respectabilité qui donne lieu à diverses commandes d’images : 301 recueils d’illustrations, dont 56 recueils de dessins d’humour et 75 textes illustrés, sont parus en 2009. Certaines se vendent même à des prix astronomiques dans les salles des ventes : le secteur étant en train de se faire une place enviée sur le marché sélectif de l’art avec un grand A !

Gilles RATIER

 

(merci à mes amis de l’ACBD : Jérôme Briot, Virginie François, Patrick Gaumer, Philippe Guillaume, Brieg F. Haslé, Ariel Herbez, Jean-Christophe Ogier, Fabrice Piault, Denis Plagne et Laurent Turpin)

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