Rock et Stone 1/2

Les critiques BD
  • Yann Valéani & Nicolas Jean & Gaëtan Georges
  • Delcourt ©

  • Caldoria un monde désert composé de roche et de sable, loin de la terre les humains tentent d’établir une communauté nouvelle. C’est ici que l’intelligence artificielle se révolte et prend la main sur l’humanité pour installer sa propre indépendance. Alors que son père, un scientifique spécialiste des machines, le seul capable d’enrayer la folie du robot maitre du monde, rejoint le front. Stone un petit garçon rêveur se retrouve seul lorsque les soldats chargés de le protéger se retrouvent à leur tour à devoir suivre l’appel. Dans la solitude, vivant en autonomie avec ses serres et son éolienne fournissant l’électricité, il attend que le monde redevienne comme avant. Il attend surtout le retour du père. Mais le temps passe vite et il commence à comprendre que son père ne reviendra peut-être plus. C’est ce moment que choisit Rock, un robot archaïque, pour apparaître dans le paysage et emmener Stone dans son sillage pour partir à la rencontre d’une autre vie. Rock est la seule machine à ne pas tomber sous le joug de l’IA, le seul à peut-être pouvoir inverser la situation. Il demeure une question, qui pilote Rock et quelles sont ses intentions ? Dans leur voyage vers la ville, ils tombent sur une jeune fille Sandy et un groupe de survivants écologistes, vivant dans un camp retranché. Le petit groupe n’est pas près d’affronter la machine diabolique, mais des évènements risquent de transformer la donne et chacun devra assumer ses choix et ses décisions.
    C’est sur une thématique assez commune à la littérature de science-fiction, la révolte des machines, l’intelligence artificielle prenant le pouvoir, K. Dick, Asimov, Sturgeon, Stanislas Lem et bien d\’autres. Nicolas Jean propose une histoire bien menée ou plus que la trame narrative ce sont les liens des personnages qui comptent. Assez vite le lecteur habitué à la science-fiction devinera qui se cache derrière Rock ou bien des évènements que je ne vous dévoile pas pour vous laisser un minimum de surprise.
    C’est donc plus la façon dont chacun des personnages réagit qui devient intéressante. Dans ce monde où le robot prend le pas sur l’homme quelle position avec l’arrivée de Rock chacun prend. Est-il un robot hostile, peut-on lui faire confiance complètement. De la même façon, les questions trouvent un effet miroir avec le groupe des réfugiés. L’auteur a pris le soin de donner du relief à chacun, de leur laisser un moment de mise en avant où il puisse se livrer, construire son univers et son uchronie pour que l’histoire tienne. Que le lecteur y croie. Le dessin de Yann Valéani de la même façon épure le décor pour se concentrer sur les humains, leurs regards sont travaillés. Les expressions des yeux, des visages prennent plusieurs aspects, évoluant avec la narration, ne se contentant pas de regard vide. C’est une qualité que je remarque souvent chez les dessinateurs venant de l’illustration ou chez les grands. Les couleurs mélangent les ors et jaunes des déserts, les bruns orangés des cavernes et le métal gris, sans oublier d’aérer par des ciels bleus. De la même façon, les cases enchainent l\’action dans une fluidité parfois proche du mouvement, comme la scène finale. La thématique principale est bien celle de l’humain dans le dessin comme dans le récit. À mon sens c’est le point fort de cet album, un beau premier pas à suivre dans le tome deux.

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