Les trois fantômes de Tesla

Les critiques BD
  • Guilhem et Marazano
  • Le Lombard

  • L’histoire se passe à Manhattan durant l’hiver de 1941. La guerre fait rage en Europe, les Américains se battent contre les Japonais et les peuples essayent de vivre ou de survivre. Une femme, Mme Cooley et son fils Travis arrivent dans leur nouvel appartement, dans un hôtel qui ne paye pas de mine mais qu’ils peuvent payer. Le père de Travis, un soldat, est mort en héros. Pour subvenir à leurs besoins, Mme Cooley a pris un travail dans une usine, comme beaucoup d’autres femmes à l’époque. Dans l’hôtel, au même étage, habite un homme âgé que les enfants du quartier craignent. Travis va rapidement faire la rencontre de la bande du quartier. Ils vont lui confier la mission de remettre à son voisin une lettre dont la lecture est incompréhensible puisque chiffré. Tardis suite à des péripéties et des rencontres dignes de la science-fiction va finalement entrer en contact avec son voisin qui n’est rien d’autre que le scientifique Tesla qui avait mystérieusement disparu.

    Voici en quelques mots un descriptif de l’histoire. Le dessinateur Guilhem excelle dans son travail. Il a réussi à faire ressortir toute une atmosphère particulière, à rendre visible les sentiments des personnages. Les perspectives dans plusieurs planches sont impressionnantes. C’est un travail comme on aimerait en voir plus souvent. Je voudrais pouvoir dire la même chose pour le scénario. C’est malheureusement impossible. Pourtant le démarrage est bon, la première planche nous fait de suite entrée dans l’action, le choc des machines du futur avec une ville Américaine des années 40. Puis le suspense arrive avec la fameuse lettre que Travis doit donner et qu’il va garder. Dans la partie nocturne où Travis sort la nuit et qu’il finit par être pourchassé par les machines, c’est toujours bon. Mais qu’il finisse dans les bras de sa maman, par hasard, dans l’usine, que c’est mauvais … C’est à ce moment-là que le scénario perd de sa vitalité et son intérêt. Mais à cause ou grâce à la force du dessin on ne s’en rend  pas de suite compte. Les quatre pages où le vieux vient chercher Travis dans son appartement n’ont ni queue ni tête. Voici que celui qui se cache viens se montrer… C’est utile pour le scénario mais c’est vraiment nul comme ressource. La fin que je ne vous dévoile pas est encore plus bête. Le contenu de la lettre n’a aucune importance au vu de la situation et du moment où elle est déchiffrée. J’ai envie de dire, tout cela pour ça ? J’ai compté 23 pages de perdus dans l’album. Je vous invite à lire l’album pour le travail de Guilhem qui n’a vraiment plus rien à prouver au sujet de son talent et de son travail.

    Depuis l’écriture de ce papier, d’autres critiques ont eux aussi dit ce qu’ils pensaient de l’album. Et curieusement, pour une fois, nous sommes nombreux à être d’accord. Il semble que le scénariste Marazano accepte avec difficulté la critique. Quand celle-ci est méchante et exagérée, comme celle des possibles fautes de syntaxe dans les bulles, il est normal qu’un auteur défende son travail, le texte représente son choix, on aime ou pas, mais on ne va pas non plus allez chercher si tel argot existait ou pas à l’époque, surtout quand en plus il s’agit d’un passé futuriste. Mais quand l’auteur dit sur Facebook : «    Que ceux qui n’aiment ni notre travail, ni nos idées passent leur chemin, personne ne les oblige à lire nos livres. Notre travail en tant qu’auteur n’est pas de satisfaire tout le monde ou un « plus grand nombre » fantasmé par certains, mais de créer des œuvres subjectives qui plairont à certains et déplairont à d’autres. Ne pas plaire à une minorité idéologique qui se complait à distribuer les bons points et les blâmes comme à l’école communale, mais qui en réalité estime être en droit de diffamer des ouvrages pour d’autres raisons comme cela semble être le cas dans cette affaire, ne doit en aucun cas justifier l’insulte publique … » dans ce cas on ne peut pas être d’accord avec lui. Nous avons le droit de faire nos critiques, qui ne sont que des opinions que nous partageons avec ceux qui ont envie de nous lire. Une critique ce n’est pas une insulte publique. On critique le travail, pas la personne. L’auteur ne peut  pas être lu que par ceux qui aiment son travail, il ne peut pas demander aux autres qu’ils passent le chemin, et non. En disant cela l’auteur fait une abstraction totale de la critique, qui peut parfois faire mal mais qui si, elle est constructive, peut permettre d’apprendre, de comprendre et de peut-être faire le choix de changer ou pas. C’est la critique qui permet cela et certainement pas l’autosatisfaction. A bon entendeur.

    http://www.lelombard.com/series-bd/trois-fantomes-tesla,527/

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