Vaincus mais vivants

Les critiques BD
  • Locatelli Le Roy
  • Le Lombard ©

  • 2002. Une femme, un avion. Elle revient au Chili qu’elle a quitté il y a visiblement longtemps, traverse Santiago. Elle va bientôt rejoindre la rue Santa Fe, où un drame semble s’être joué en 1974, un an après le coup d’Etat. « Le 5 octobre 74, ça vous dit quelque chose ? Bien sûr, j’étais là, j’ai tout vu. C’était sa femme. » 1962. Carmen Castillo rencontre Beatriz Allende, la fille du futur président. Elle est issue d’une famille bourgeoise, mais veut rendre l’Amérique latine plus juste, plus belle, plus puissante. « Nous étions trotskystes, marxistes, guévaristes, anarchistes… Nous étions la nouvelle force révolutionnaire autonome. » Et bientôt les acteurs de la première et dernière tentative d’un Etat socialiste non-violent et légal mais qui sera, lui, réprimé dans le sang, les meurtres et la torture, sont présents… 62, 73, 74, 2002… Quatre dates, et un lieu tragique comme fil rouge, que Maximilien Le Roy entremêle et entrechoque avec un sens inné de la narration et du tempo, pour retracer avec une extrême précision plus de quarante ans d’Histoire nourris de recherches, de rencontres et de recoupements, mais aussi quarante ans de la vie d’une femme, au plus près de son intimité et de sa propre histoire. Le scénario est merveilleusement servi par le graphisme de Loïc Locatelli Kournwsky. Ses décors sont grandioses. Ses personnages de chair. Les couleurs enrichissent la trame.
    Un one-shot émouvant…

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