Delaf le nouveau dessinateur de Gaston Lagaffe

Actualités

Les chiens sont lâchés. La proie étant Delaf, dessinateur de talent. Sa faute est d’avoir accepté la mission de reprendre une série mystique sinon idolâtrée par des témoins de la religion de Franquin, auteur paternel de Gaston Lagaffe. L’impur a osé commettre l’irréparable, toucher de sa pointe de mine la face de Gaston, l’homme à tout faire du journal Spirou. L’injure ne suffisant pas voici qu’une plainte est déposée avec comme anathème l’insulte suprême pour un auteur, celui de plagiat. Et si cela ne suffisait pas pour mettre le feu au bûcher, il faut discréditer le talent de Delaf en l’accusant de tout décalquer…  

Que vous soyez qu’un simple lecteur de Gaston ou un dessinateur jaloux, cela ne vous donne pas le droit de vomir votre haine sur les réseaux sociaux. L’ayant droit de Franquin, sa fille, a parfaitement le droit de donner son opinion et au besoin de mettre en route une action en justice. Je suis comme vous, je ne connais des contrats que ce que l’on a bien voulu me dire. Mais plusieurs points semblent donner de la valeur à l’éditeur Dupuis. Franquin a vendu ses droits sur Gaston, par le biais de sociétés. Donc il existe des contrats. Et Mme Franquin attaque sur le droit juridique moral et non sur le droit juridique commercial, ce qui semble donner preuve que Gaston ne lui appartient pas et qu’elle n’a comme obligation que de protéger l’œuvre de Franquin, c’est-à-dire uniquement les planches réalisées par son père. Et elle ne peut rien dire sur la suite… Pour exemple Hergé n’a jamais vendu son Tintin, il était donc en droit de dire de son vivant qu’il ne voulait pas de suite, contrairement à Franquin. C’est un peu comme vendre sa voiture et ensuite prétendre interdire son utilisation tous les dimanches… Franquin a bien dit de son vivant qu’il ne voulait pas de suite d’un personnage dont il n’était plus propriétaire… Donc sa parole, son souhait, a dans cette situation aucune valeur, ni juridique ni morale. Par contre, si dans le contrat de vente il est écrit que toute suite est interdite, ce n’est plus la même chose. Plusieurs personnes mettent en avant qu’il y a eu un film et un album du neveu de Gaston. Oui, mais on peut voir en cela des franchises, des séries parallèles et non une reprise de Gaston dans l’état d’album. On est quand même en droit de penser que l’équipe juridique de l’éditeur a bien relu les contrats. En l’absence d’un texte bien précis interdisant une suite de Gaston, tout est possible pour l’éditeur qui, on doit le dire, est en train de prendre des gants avec Mme Franquin, certainement dans le but de trouver une position conciliante avec cette dernière. À moins qu’un stagiaire avocat n’ait pas fait correctement son travail ? Si cela devait être le cas, mais quelle gaffe…

Sinon, Delaf doit avoir toute l’estime de la profession. Il a réussi là ou beaucoup d’autres auraient été incapables de seulement tracer les traits des cases. On voit des imbéciles parler de plagiat comme s’ils venaient d’apprendre un nouveau mot… À la sortie de l’album, car ne nous trompons pas, il sortira dans le commerce, il y aura ceux qui ne veulent même pas le voir, comme le dernier Astérix, ceux qui le liront et ceux qui l’achèterons juste pour ne pas avoir une collection incomplète. Il existera quand même une question. Pourquoi cette nouveauté ? Et pourquoi maintenant ? Le monde de l’édition est à bord du Titanic et certains le savent avant les autres… Mais cela c’est une autre histoire.

?>