Gaston Lagaffe ne fait plus rire !

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Pourquoi le sujet de la reprise de Gaston Lagaffe fait couler tant d’encre ? Nous vivons une période difficile, guerre, inflation… Gaston touche notre jeunesse, période d’insouciance. De par les souvenirs, le lecteur pense que Gaston lui appartient. C’est une partie de sa période de construction. Donc toucher à Gaston c’est comme faire du mal à soi-même, impensable. Beaucoup n’ont aucune notion de droit, qu’elle soit économique ou morale, même pas des auteurs qui mélangent sentiments et réalité. Le conflit vient aussi du fait que l’on ignore volontairement la trahison du père. Franquin a vendu Gaston, comme un ancien maître vendait son esclave. Et trahison suprême il a reçu beaucoup d’argent pour cela. Gaston c’est de la joie, du plaisir, des rires, alors on refuse d’admettre que Gaston a aussi été une transaction financière, plusieurs zéros derrière un chiffre. Comment peut-on vendre son fils, sa création? Des mains de son créateur, le personnage est devenu une simple marchandise, que l’on cumule avec d’autres afin d’en recevoir en échange le maximum. L’acte en lui-même est refoulé dans l’inconscient du lecteur qui aime, voir un peu de trop le créateur, comme un génie du dessin… et aussi des affaires. Le contrat de vente passe d’une société à une autre et voici que Dupuis choisit un nouvel auteur pour continuer l’aventure. Est-ce qu’ils en ont le droit ? La justice va le dire en septembre prochain, mais elle a déjà commencé à répondre sur le sujet. Si dans le contrat une clause d’interdiction de reprise était présente, l’affaire serait déjà classée. Ce n’est pas le cas ! Au contraire, un médiateur va devoir rendre son avis. Nous savons bien ce que cela risque de signifier… un beau chèque de dédommagement en compensation d’absence de droit d’auteur pour les ayant-droits de Franquin. Mais peut-être que ce chèque sera refusé, nous verrons bien. Un contrat de vente ne se change pas par des interventions avec des journalistes. Franquin à tout dit que cela soit son refus de reprise comme son autorisation. Reprendre une simple phrase en la sortant de son contexte n’a pas de valeur face à un contrat écrit. Nous avons l’intervention de l’avocat de Dupuis, nous verrons si la justice lui donne raison ou tort. En attendant, nous avons une vraie victime, Delaf. Ne parlons pas des réseaux sociaux, tuyau ultime des égouts, mais du comportement et des propos de certains dessinateurs qui insultent Delaf, qui disent qu’heureusement qu’il est au Canada, donc loin de la Belgique, sinon il aurait des jets de tomates sur lui, voire pire… Ce ne sont que des menaces de violence contre Delaf, à peine simulées. C’est grave ! On en oublie que nous parlons d’un homme, qui a reçu une commande de l’éditeur qui a les droits. Ce n’est ni un vol, ni un plagiat ! Au pire le pastiche est autorisé en France. Pour le peu que nous avons pu voir, Delaf a vraiment fait un bon travail, il faut savoir le lui reconnaître, que l’on aime ou pas. Il faut que la tension baisse d’un cran. Nous pouvons aussi réfléchir sur le fait que le monde de la bd s’écroule au point que la seule bonne idée du moment serait de faire des reprises et non des créations ? Cela va si mal que l’on est dans l’obligation de ressortir les monuments du passé ? Je suis un spécialiste du patrimoine et je suis en mesure de vous dire que l’on ne gagne pas d’argent dessus. Certes Gaston sera une grosse machinerie à fric, mais cela sera le tour de qui ensuite ?

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