L’affaire Vivès

Je ne voulais pas intervenir. Je ne voyais pas ce que ma pensée aurait pu apporter de plus dans une mauvaise bataille de par ses armes et ses intervenants. Mais voici que des personnes avec un raisonnement dit éclairé sont en train de faire perdre de vue le plus important. Le recul est souvent bénéfique. L’affaire Vivès, à commencer avec l’intervention de certaines personnes, contre une exposition au festival de BD d’Angoulême. Au lieu de dire clairement que Vivès ne devait pas avoir d’expo, ils ont mis en avant la question de savoir l’opportunité de mettre un créateur pédophile en avant. L’attaque sans citer de nom est ridicule. Voir même judiciairement interdit. Le nom a fini par sortir et une pétition a reçu le soutien des moutons qui n’ont jamais ouvert un ouvrage de l’auteur. Il faut s’indigner, c’est si facile sur les réseaux sociaux. Et en cela, nous avons atteint des sommets de médiocrité. Une association prônant l’utilisation du « iel » contre un Vivés qui serait sexiste. Une folle qui crie au scandale si on utilise contre elle le terme de « mademoiselle ». Une autre qui demande la mise en place d’une loi contre les attouchements virtuels, oui imaginer que l’on couche avec elle c’est une agression. Une autre encore qui dit que tous les hommes sont des violeurs, donc Vivés aussi… Nous avons là une équipe de championne. De l’autre côté, nous avons Riss, qui a écrit un beau papier, mais qui confond le « tous Charlie » avec le « tous Vivès ». Et encore d’autres qui disent que dans toutes les fictions il existe des situations noires, comme les meurtres pour exemples, et que pour autant on n’interdit pas les polars. C’est vrai. Mais autant la propagande contre Vivés est bancale, autant la propagande de défense manque de sérieux sur le fond. J’ai plusieurs fois dit et écrit que Vivés n’étant pas condamné par la justice c’est qu’il n’était pas coupable de ce qu’on l’accuse. On n’insulte pas un homme comme cela ! Là où Riss a raison, c’est qu’à force de dire n’importe quoi, un fou finira par croire qu’il est autorisé de faire justice lui-même. Si vous avez suivi les débats vous avez-vous aussi dû sentir que la frontière était mince. On vient d’apprendre qu’une association de défense des enfants vient de porter plainte contre l’auteur et ses éditeurs. Enfin, cela commence à être plus sérieux. Et c’est à ce moment-là que j’ai eu un déclic, non pas celui de Manara… Une association, qui a pour objet la protection des enfants, n’a pas de temps à perdre avec des futilités. Le sujet est trop sérieux. C’est par ce que j’ai le plus profond des respects pour les femmes et hommes qui essayent de protéger l’enfance, que j’ai voulu faire ce que je n’avais pas encore fait, comme 99% des intervenants. J’ai ouvert la bd portant le titre de « Décharge mentale ». Je l’ai lu, oui. Si vous en faites autant et qu’à la fin de la lecture, à la dernière page, si vous avez envie de vomir, ne vous inquiétez pas, c’est que vous avez un esprit normal. Cette bd est clairement un hommage à l’inceste et à la pédophilie. Pas de morale, pas de honte, l’auteur fait complètement assumé à ses personnages des actes non pas simplement qu’immorale, mais véritablement infect, je n’ai pas d’autre mot pour le définir. Que l’on m’entende bien, je ne parle pas d’une scène particulière qui aurait fait avancer une histoire, je parle bien d’un éloge à des actes que je ne comprendrais jamais. Bon, de là à dire que son auteur est un monstre, je ne sais pas. Mais la question que je me pose, c’est comment un directeur de collection a pu laisser faire et comment un éditeur a pu dire oui. Je pense qu’ils sont autant voire encore plus coupables que l’auteur. Ce dernier a mis sur papier ses idées ou ses fantasmes, mais l’éditeur est celui qui a permis sa distribution et au passage de se faire de l’argent dessus. On ne parle pas de racisme, on ne parle pas que de violence, on parle de l’éloge d’acte qui détruit des enfants. Mais quelle mouche à piquer le festival d’Angoulême de vouloir mettre en avant ce dessinateur ? S’ils disent ne pas avoir vu de problème sur cette bd, c’est qu’il en existe un de problème. Personne n’est irréprochable. On a tous le droit de faire des bêtises et de par la suite le regretter. Un auteur qui se lâche sur un dessin, ce n’est pas nouveau. Alors si Vivés dit par la suite qu’il regrette ou qu’il comprend que cela puisse être choquant, l’affaire sera peut-être finie. Non il est inutile de faire une censure, ce qui existe continuera à exister, à moins de faire à nouveau des feux de joie avec… Il suffira que l’éditeur ne fasse plus d’impression de cette merde, cela suffira peut-être. Mais si l’auteur persiste et qu’il trouve des éditeurs, il serait peut-être temps que la justice s’en occupe sérieusement.

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