Spirou T4 – L’espoir malgré tout

Les critiques BD

Émile Bravo nous offre le quatrième et dernier opus d’un Spirou qui se déroule à l’époque de la Deuxième Guerre Mondiale. Nous sommes à la fin de la guerre, le débarquement américain commence en Normandie et les nazis, sentant peut-être la fin arrivée, font la chasse aux maquisards qui eux font tous pour saboter les convois ennemis. Émile Bravo réussi en finalement peu de planches à transmettre l’angoisse humaine de savoir s’il faut tuer, quitte que la balle touche l’innocence jeunesse. Spirou refuse de détruire un train et en faisant cela il sauve la vie de centaines de déporté. Fantasio, lui, veut détruire un autre train et se faisant c’est un convoi militaire qui saute… Des soldats nazis qui ne pourront pas tuer d’autres soldats, des êtres humains… À la libération, la trahison, les retournements de veste ont été nombreux. De la tonde des femmes à la mise à mort sans jugement des collabos ou voir de ceux qui en savent de trop… C’est violent comme histoire, mais le trait de dessin d’Émile Bravo est tellement agréable que lire cet album reste un pur bonheur. On peut lire partout des critiques élogieuses et c’est bien mérité. Mais je vais émettre deux petits bémols. Je comprends bien l’épilogue. Cette fin rentre en droite ligne sur toute la suite des albums de Spirou. On classe cette période avant toutes les autres aventures. Donc l’histoire d’amour de Spirou doit avoir cette fin. Mais pourquoi des adieux par courrier et non par une rencontre ? Je reste un peu sur ma faim, mais c’est purement personnel. Ensuite, qu’un résistant de la dernière heure puisse prendre le nom de code de « Tintin », cela a certainement existé. Mais coller ce nom à un pauvre type, c’est un peu facile je trouve. Que cela soit volontaire ou pas, cela rappelle les problèmes d’Hergé à la fin de la guerre. C’est un peu vite oublier ou ne pas le savoir que chez Dupuis il y avait de très nombreux résistants, mais qu’il y avait aussi des collaborateurs des nazis et ceci à un très haut niveau… Tout n’est pas blanc ou noir et c’est bien cela que cette série de quatre albums nous prouve. À une époque où des imbéciles font interdire la lecture à la jeunesse de Maus de Art Spigelman il est important de lire des albums qui font réfléchir. Merci à Émile Bravo !

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